Un plateau de travail éducatif et formateur qui porte fruit !

Jardins de la TerreIl y a plusieurs belles richesses qui caractérisent la MRC de Rouville.  Deux d’entre elles sont particulièrement mises en valeur dans le cadre d’un projet porté par l’organisme Les Jardins de la Terre de Saint-Paul-d’Abbotsford.  L’une de ces richesses concerne l’abondante ressource naturelle des pommiers, tandis que l’autre correspond à une valeur de plus en plus présente dans la MRC, soit celle de mieux préparer et outiller la génération montante des jeunes adultes dans nos communautés.  Voici un aperçu du nouveau plateau de travail éducatif en transformation de la pomme.

Les Jardins de la Terre est un organisme à but non lucratif et une entreprise d’insertion et d’économie sociale dont la mission consiste à soutenir l’insertion socioprofessionnelle des jeunes de 16 à 30 ans qui sont sans emploi et qui rencontrent des difficultés à intégrer le marché du travail.  Les services d’insertion sont offerts sous forme de plateaux de travail d’une durée de 22 semaines à raison de 30 heures par semaine.  L’organisme gère déjà des plateaux de travail en agriculture bio, en culture de serre et en aménagement paysager écologique.

Un projet sensé
En 2012, l’organisme bénéficie d’une aide précieuse lorsque le Pacte rural lui a octroyé une subvention pour mettre en place un nouveau plateau de travail en transformation de la pomme.  Aux dires du nouveau directeur Jean-David Martel, pour l’organisme, ce projet est bénéfique sur plusieurs plans : « D’une part, le projet permet d’occuper une des bâtisses de la ferme pour y accueillir la nouvelle unité de production et d’autre part,  le projet développe une nouvelle branche pour la réinsertion socioprofessionnelle des jeunes dans le secteur de la pomiculture, un domaine omniprésent dans l’économie rouvilloise ».  Concrètement, ce nouveau plateau permet à environ 4 jeunes supplémentaires de travailler conjointement sur toutes les étapes qui mènent à la production du jus de pomme bio.

Avant même de penser transformer la pomme en jus, il a fallu rendre le lieu de production fonctionnel.  Cela implique des investissements au niveau de la plomberie, de la fosse septique et des installations électriques.  L’organisme a de plus procéder à l’achat et à l’installation d’une chambre réfrigérée et bien entendu des équipements de transformation de la pomme (convoyeur, pressoir et tireuse à bec).

Le plateau de travail en étapes
Étant donné que le projet s’échelonne sur plusieurs mois, c’est plus d’une cohorte de jeunes qui bénéficieront  des apprentissages tant sur l’entretien des vergers que sur la transformation de la pomme.  Le pressage des pommes débute en automne et le surplus de la récolte de pomme est entreposé dans une pièce réfrigérée.

Embouteillage jusLes pommes qui ont été réfrigérées sont sorties progressivement par caisses et empilées non loin du convoyeur où elles iront une fois triées et lavées.  Seules les pommes fermes sont sélectionnées pour faire le jus, les autres sont destinées au compost.  Le chemin du convoyeur mène les pommes au broyeur dont les résidus remplissent la cuve à pressoir.  Une fois pressées, le jus extrait des pommes est pompé dans un réservoir qui, par gravité, permet de fournir les quatre lignes d’alimentation pour remplir les bouteilles.

Le jus n’est pas pasteurisé pour en préserver les valeurs nutritives et les vertus associées au produit bio.  Ce jus qui est brut est donc tout de suite congelé pour éviter la prolifération des bactéries. Les formats de un ou deux litre sont donc vendus congelés et ils se détaillent respectivement à environ 3,00 $ et 5,50 $ chacun.

De plus en plus de gens adhèrent également aux paniers de légumes biologiques.

Le créneau du bio
Il existe très peu de vergers biologiques en Montérégie, ce qui place l’entreprise d’insertion socioprofessionnelle dans une position avantageuse.  Mais y a-t-il une demande importante pour les produits bio ?  Selon Jean-David Martel, « il y a une multiplication des points de vente comme l’éco marché de Beloeil pour les produits bio.  De plus en plus de gens adhèrent également aux paniers de légumes biologiques ».  Ces paniers bio sont offerts par les Jardins de la Terre  en été comme en hiver et sont aussi connus sous le nom « agriculture soutenue par la communauté » (asc) où une famille reçoit un panier de légumes par semaine directement du producteur.  Il faut cependant préciser que ce ne sont pas tous les « asc » qui sont biologiques.  De plus, grâce à la grande serre, les Jardins de la Terre cultivent des plants et boutures produits sans engrais chimiques et destinés à la clientèle qui aime avoir son propre jardin bio à la maison.

Monsieur Martel invite les personnes qui souhaitent s’abonner aux paniers biologiques pour la présente saison à communiquer avec eux dès maintenant.

L’organisme est ouvert à l’année pour ceux qui veulent se procurer du jus de pomme.  Cependant, il tient à préciser que le Centre du jardin (la serre) ouvre ses portes au public bon an mal an vers la fin du mois d’avril.

Grâce à ses plateaux de travail et à ses deux points de services (Hameau l’Oasis de Dunham et à la ferme écologique de Saint-Paul-d’Abbotsford), il y a en tout environ 50 jeunes qui participent à l’un ou l’autre de ces plateaux par année et qui se donne la chance d’intégrer un réseau social tout comme le marché de l’emploi.  Fière de ses 10 ans d’existence, l’entreprise d’insertion et d’économie sociale continue de progresser en conjuguant économie, social et environnement dans son développement.  En intégrant ces trois secteurs dans sa mission et sa vocation, elle démontre clairement que le développement durable porte fruit !

 

Laisser un commentaire

Archives