Pour Noël, choisissez et coupez vous-même votre sapin!

Par Julie Chaumont

C’est prouvé : les sapins de Noël naturels sont moins polluants que les sapins artificiels. On serait donc fous de se passer de cette bonne odeur à la maison. En plus, il est possible d’aller choisir et couper soi-même son sapin de Noël, une activité que les petits (et les grands) ne seront pas prêts d’oublier!

De la Montérégie aux Bermudes

Fondée en 1972 par Lucien Lapointe, l’entreprise familiale Plantation J.L.S., située dans la municipalité de Sainte-Angèle-de-Monnoir, en Montérégie, offre à la population de venir choisir et couper soi-même son sapin de Noël. Chaque année, l’autocueillette se déroule entre la dernière fin de semaine de novembre et la dernière fin de semaine avant Noël et tout est mis en œuvre pour recréer l’ambiance d’antan : lumières, décorations de Noël, musique et randonnée en tracteur. « On offre la randonnée, le café et le chocolat chaud. En plus, chaque fin de semaine, le vrai Père Noël est là », mentionne Serge Lapointe, le fils du fondateur de l’entreprise. Les visiteurs peuvent également apporter leur lunch, qu’ils pourront manger dans un abri chauffé mis à leur disposition.

En plus de l’autocueillette, l’entreprise familiale, qui possède des plantations en Montérégie et en Estrie, vend ses sapins sur le marché canadien, américain, ainsi qu’aux Bermudes. Cet archipel d’îles de 53,3 km2, faute de pouvoir faire pousser des conifères sur son sol, achète tous les ans entre 500 et 800 sapins pour décorer maisons et espaces publics.

 

Un travail de longue haleine

Plantation J.L.S. a une centaine de milliers de sapins en production. « On part toujours de la semence, qui peut prendre 5 ans avant d’avoir une grandeur raisonnable pour pouvoir être transplantée dans le champ. Une fois transplanté, ça peut prendre environ 8 ans avant que le sapin atteigne sa maturité », explique monsieur Lapointe. Au total, il faut donc compter entre 12 et 20 ans avant d’avoir un sapin de bonne taille, qui sera intéressant pour le marché.

Les Lapointe cultivent principalement des sapins Beaumier et Fraser, les deux variétés les plus populaires sur le marché. Pratiquement impossible à différencier pour le commun des mortels, Serge nous informe que le Beaumier va dégager une plus forte odeur que le Fraser, mais que le Fraser va durer plus longtemps à l’intérieur. Le père et le fils désirent innover en ajoutant d’autres variétés, dont le Cook, qui est présentement à l’essai. « Comme on part de la semence, on va voir le résultat dans 6 ou 7 ans. C’est un travail de génération », mentionne le producteur.

Les sapins que plantent les Lapointe sont dédiés exclusivement à la récolte du temps des fêtes. Lorsque des arbres sont coupés, d’autres sont immédiatement plantés. « Lors de l’autocueillette, on va replanter directement à côté du sapin qui a été coupé ou qui est prêt à être coupé », mentionne le fils du producteur. Ainsi, l’entreprise n’enlève rien à la nature. « Il s’agit d’une plantation au même titre qu’une plantation de navets ou de carottes », précise ce dernier.

En moyenne, entre 1 000 et 1 500 sapins sont coupés tous les jours dès l’Halloween. « Les sapins qui partent aux Bermudes doivent être prêts, coupés et emballés, pour le 14 novembre », nous informe Serge Lapointe. C’est une équipe de 7 employés qui se charge de tout faire, de la coupe à l’emballage.

Les mois de janvier et février sont plus tranquilles, mais somme toute, la production de sapins de Noël occupe les Lapointe tout au long de l’année. « On doit s’occuper de la machinerie, de l’arrosage, du champ, etc. », explique Serge.

 

Miser sur l’autocueillette

Afin de limiter les pertes de sapins, Plantation J.L.S. mise sur l’autocueillette plutôt que sur la vente au détail. « Quand on va dans des espaces où il y a beaucoup de compétition, comme sur les coins de rue à Montréal, on doit toujours avoir une bonne réserve de sapins afin d’attirer la clientèle, ce qui entraîne plus de pertes », explique Serge Lapointe. Les sapins qui n’ont pas trouvé preneur constituent des pertes nettes pour l’entreprise, qui a la générosité de les offrir gratuitement aux villes environnantes afin de décorer leurs sites de festivités hivernales. « Le Mont Saint-Bruno nous en prend également une bonne partie pour décorer ses pentes de ski », souligne Monsieur Lapointe.

 

Une année difficile

Comme tout agriculteur, les producteurs de sapins de Noël ne sont pas à l’abri des intempéries. Il arrive donc que Dame Nature leur réserve de mauvaises surprises. « Cette année, nous avons perdu plus de 50 % de notre production en raison du manque de pluie. Les gelées tardives au printemps nous affectent aussi, faisant geler les nouvelles pousses », mentionne Monsieur Lapointe. Il est donc déjà arrivé à l’entreprise de devoir acheter ailleurs afin de répondre à la demande.

Lucien Lapointe, le fondateur de l’entreprise familiale, âgé de 76 ans, allait quant à lui, chaque hiver depuis plus de 30 ans, au carré Saint-Louis, à Montréal, pour vendre ses sapins. Au chaud dans sa roulotte, il était bien connu des habitants du Plateau Mont-Royal, qui revenaient année après année, sourire aux lèvres, pour choisir leur sapin. La ville a cependant retiré son permis… une triste nouvelle pour l’entreprise.

Cette année, plus que jamais, Plantation J.L.S. compte sur l’autocueillette pour écouler sa production annuelle de sapins de Noël. C’est donc un rendez-vous, dès le 24 novembre!

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