Développement durable et événements

CHANGER SES PRATIQUES EN APPLIQUANT LA NORME EN GESTION RESPONSABLE DES ÉVÉNEMENTS

Par Anne-Marie Bégin, coordonnatrice du Conseil québécois des événements écoresponsables

Le développement durable peut prendre différentes formes dans le milieu de l’événementiel. Qu’il suffise de penser au Festival international de Jazz de Montréal et au Festival Feu et Glace de la Ville de Repentigny, deux événements qui sont certes très avancés en matière d’application de mesures d’écoresponsabilité, mais qui s’inscrivent dans des réalités budgétaires, humaines et logistiques bien différentes.

Une question capitale se pose : à partir de quel point un événement peut-il être qualifié d’« écoresponsable »? Jusqu’à récemment, la définition de ce terme variait d’un individu ou d’une organisation à l’autre. Dorénavant, un événement se tenant au Québec et voulant démontrer qu’il tient compte des principes de développement durable pourra se référer à une définition exhaustive et reconnue par l’industrie et le public.

Genèse de la norme

En juin 2010, le Réseau des femmes en environnement et son Conseil québécois des événements écoresponsables (CQEER) lançaient la nouvelle norme en gestion responsable d’événements.

Ce sont eux qui, cinq ans plus tôt, avaient eu la vision que le Québec aurait besoin d’un encadrement en matière d’organisation d’événements écoresponsables. Ils avaient alors mandaté le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) pour développer une norme.

Un comité de normalisation, composé de 17 représentants de l’industrie de l’événementiel, fut alors mis sur pied.

Un aperçu de la norme

Une multitude d’événements sont organisés chaque année au Québec : festivals, tournois sportifs, camps de jour, spectacles en plein air, expositions culturelles, etc. Ils génèrent bien sûr des retombées économiques et sociales considérables.

Ces événements ne vont toutefois pas sans un certain gaspillage et ont des impacts environnementaux très importants : ils produisent des tonnes de déchets, favorisent une abondance d’émissions de gaz à effet de serre et entraînent une surconsommation de ressources tels le papier et la nourriture.

Afin de réduire les impacts négatifs de tels événements et d’accroître leurs répercussions positives sur l’économie régionale et la communauté, la norme en gestion responsable d’événements oriente l’organisateur en établissant des exigences dans différents domaines :

  • le choix des fournisseurs;
  • l’alimentation;
  • les moyens de transport;
  • le matériel, les sources d’énergie et l’économie d’eau;
  • le traitement des matières résiduelles.

Pour un organisateur d’événements, la certification est un gage qu’il s’est engagé officiellement et publiquement envers le développement durable.

La norme prévoit également un programme de compensation de carbone pour réduire au minimum les impacts environnementaux des démonstrations publiques auxquelles nous apprécions participer. Toutes exigences confondues, plus de 55 pratiques de gestion responsable d’événements y sont répertoriées.

Les avantages de la certification

Bien qu’il s’agisse d’une norme dont l’application reste volontaire, les organisateurs d’événements de toute envergure peuvent y gagner grandement en obtenant la certification qui lui est afférente.

Pour un organisateur d’événements, la certification est un gage qu’il s’est engagé officiellement et publiquement envers le développement durable. Si l’organisation possède déjà une politique ou un plan d’action en cette matière, l’adhésion aux exigences de la norme ne peut qu’afficher la cohésion entre l’engagement et les gestes. Les bottines qui suivent les babines!

Et la certification est d’autant plus importante qu’elle procède d’une vérification impartiale et objective des pratiques de gestion du service par une tierce partie indépendante.

Reconnu comme un organisateur d’événements certifié, il aurait la possibilité de classifier chacun de ses événements selon un niveau de 1 à 5 et d’afficher ce niveau dans la promotion de l’événement. Cet affichage témoigne non seulement des efforts considérables que l’application des bonnes pratiques nécessite, mais c’est un moyen d’obtenir davantage de financement ou des commandites.

Et comme les citoyens sont de plus en plus conscients et actifs dans leur quotidien en matière de développement durable, un engagement dans cette voie ne pourrait que contribuer davantage au sentiment de fierté et d’appartenance de la population envers les activités organisées dans leur région.

De plus, la mise en œuvre de mesures « vertes » suscite généralement une couverture médiatique élargie et plus élogieuse. Quoi de plus valorisant que de s’attirer des félicitations ou des commentaires louangeurs en raison de l’originalité des produits qui étaient présentés aux kiosques tenus par des artisans locaux lors d’une foire municipale ou grâce à l’efficacité des navettes qui avaient été mises en place pour atteindre le site d’un spectacle en plein air!

Pour en savoir plus…

Le CQEER a développé plusieurs services et outils qui permettent de soutenir les organisateurs d’événements. Quatre formations sont disponibles en format public ou privé :

  • Comment organiser un événement écoresponsable?
  • Introduction à la norme en gestion responsable d’événements
  • Les événements sportifs écoresponsables
  • Comment devenir un traiteur écoresponsable?

N’hésitez pas à visiter le www.evenementecoresponsable.com ou à communiquer avec l’auteure : abegin@rqfe.org.

La version originale de cet article fut publiée dans la revue Agora Forum, Automne 2010, volume 34 numéro 3. Quelques modifications y ont toutefois été apportées.

L’auteure

Anne-Marie Bégin est titulaire d’un baccalauréat en communication et politique de l’Université de Montréal, ainsi que d’une maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke. En 2007, elle a siégé au comité écoresponsabilité de l’organisation du Rendez-vous international sur les applications du développement durable. Elle a occupé le poste de coordonnatrice de l’écoresponsabilité au sein du Comité organisateur de la 44e Finale des Jeux du Québec pendant près d’un an et demi. Pour obtenir sa maîtrise, elle a rédigé, pour le compte de Sports-Québec, un cadre d’analyse pour événements écoresponsables d’envergure, basé sur l’expérience de cette Finale. Elle coordonne le Conseil québécois des événements écoresponsables depuis juin 2009.

Qu’est-ce que le Conseil québécois des événements écoresponsables ?

Le Conseil québécois des événements écoresponsables (CQEER) est une initiative du Réseau des femmes en environnement. Fort une expertise de plus de 10 ans, il a pour objectif de faciliter et d’encourager l’organisation d’événements écoresponsables au Québec. Il repose sur une équipe de quinze conseillers en écoresponsabilité des événements, qui sont appuyés par un comité consultatif formé d’une vingtaine d’experts québécois et par un vaste réseau de partenaires. Cette équipe a offert plus de 230 formations, 80 conférences et 80 services conseil. Au total, c’est plus de 3000 organisateurs et fournisseurs événementiels qui ont été accompagnés dans l’application de mesures écoresponsables.

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