Embauche de main-d’œuvre étrangère : des défis qui valent le coup

Paperasse, construction de logements, communication… les défis sont nombreux pour les producteurs qui ont recours à de la main-d’œuvre étrangère.

Par Julie Chaumont

¿Habla usted español?

Depuis 2010, Ferme CMJI Robert Inc., propriétaire du vignoble Coteau Rougemont et du verger Bel Horizon, fait appel à de la main-d’œuvre étrangère en période estivale. « Nous avons un groupe de 15 Guatémaltèques qui travaille uniquement pour nous du 15 avril à la fin octobre et un deuxième groupe d’une cinquantaine de personnes, que nous partageons avec un maraîcher de la région afin de diminuer nos coûts », mentionne Michel Robert.

Avant d’avoir recours à la main-d’œuvre étrangère, le défi de l’entreprise était le recrutement de travailleurs locaux. « On faisait affaire avec l’UPA, on passait des annonces dans les journaux, on faisait venir des gens de la Gaspésie, mais on avait de sérieux problèmes d’assiduité au travail, de qualité et de quantité de main-d’œuvre disponible », selon Monsieur Robert. C’est en discutant avec différents producteurs agricoles de la région, qui employaient de la main-d’œuvre étrangère et qui affirmaient qu’ils ne retourneraient pas en arrière, que l’entreprise a décidé d’emboîter le pas.

Pouvant désormais compter sur l’assiduité des travailleurs étrangers, le principal défi que rencontre aujourd’hui Ferme CMJI Robert Inc. est la langue. En effet, avec un large bassin d’employés qui parle uniquement espagnol, il est impératif d’avoir au moins une personne-ressource qui maîtrise bien leur langue afin de les accueillir et de les guider dès leur arrivée. « Il y a beaucoup de paperasse à régler dès leur arrivée, que ce soit pour leur carte bancaire ou leur carte d’assurance-maladie. Quelqu’un doit être disponible pour les guider à travers les différentes étapes de leur intégration », explique Monsieur Robert. Dans le vignoble et le verger, un responsable est également indispensable pour expliquer aux travailleurs les différentes tâches à effectuer.

Bien-être et confort

Les Jardins d’Abbotsford embauchent de la main-d’œuvre étrangère depuis 1999. « Avec l’expansion de notre entreprise et les changements de certaines productions, nous avons dû nous tourner vers la main-d’œuvre étrangère afin de combler les postes manquants », explique David Côté, propriétaire de l’entreprise familiale.

Chaque année, la ferme maraîchère fait venir 24 employés en provenance du Mexique afin d’effectuer les tâches routinières et manuelles nécessaires à la récolte des différents fruits et légumes. « Certains travailleurs sont avec nous depuis une dizaine années, nous les considérons comme des personnes importantes dans nos groupes », affirme Monsieur Côté. L’entreprise  accorde d’ailleurs une grande importance au bien-être et au confort de ses employés, que ce soit au niveau du logement ou des à-côtés. « Nous nous intéressons à nos travailleurs et tentons toujours de trouver de nouveaux moyens de les motiver », mentionne le propriétaire. Ainsi, les travailleurs ont tous accès au téléphone, sont inscrits dans l’équipe de soccer de St-Paul et ont la permission de faire quelques sorties afin d’aller visiter leurs amis dans les villes avoisinantes.

Du côté de Ferme CMJI Robert Inc., les travailleurs ont accès à la télévision espagnole et, cette année, ils bénéficieront d’un accès à Internet. « L’an passé, nos travailleurs nous avaient demandé de pouvoir accéder à Skype afin de discuter avec leur famille. Nous allons donc mettre à leur disposition des stations d’ordinateur avec une connexion Internet », affirme Michel Robert. Afin de récompenser ses employés, l’entreprise organise également, à la fin de chaque saison, une grande fête; un moment apprécié de tous.

L’indispensable intermédiaire

Les producteurs agricoles comme Michel Robert et David Côté font affaire avec l’organisme FERME (Fondation des Entreprises en Regroupement de Main-d’œuvre agricole Étrangère), fondé en 1989, pour les assister dans le recrutement de main-d’œuvre étrangère. « Nous sommes les intermédiaires entre les gouvernements (étrangers, canadiens et québécois) et les demandeurs de main-d’œuvre », résume Denis Hamel, directeur général de FERME.

C’est une main-d’œuvre de qualité; on ne retournerait pas en arrière.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le plus gros défi de FERME ne consiste pas à trouver des travailleurs (le nombre d’étrangers intéressés à venir travailler au Québec est beaucoup plus grand que les besoins des entreprises), mais bien à s’occuper de toute la partie administrative pour les faire venir au pays. « Nous devons gérer une quantité incroyable de paperasse et les exigences gouvernementales se complexifient d’année en année. Pourtant, ça fait une quarantaine d’années que la pénurie de main-d’œuvre agricole au Québec est reconnue et documentée », explique Monsieur Hamel.

Devant l’obligation de démontrer que les bassins de main-d’œuvre locale disponible ont été épuisés, les demandes des entreprises désirant embaucher de la main-d’œuvre étrangère doivent d’abord passer par les centres d’emploi agricole de la province. Une fois qu’a été démontrée la pénurie ou l’impossibilité de combler les postes par la main-d’œuvre locale, le processus de recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère s’amorce. Les demandes sont acheminées aux différents gouvernements pour l’obtention des permis et tout aboutit ensuite dans les bureaux de FERME, qui se charge d’entreprendre les démarches avec les gouvernements et leurs homologues à l’étranger. « Les entreprises sont parfois découragées par les exigences, la lourdeur administrative et certains coûts (elles doivent prendre en charge les frais de transport des travailleurs, ainsi qu’une partie de leur logement) », mentionne Monsieur Hamel.

Michel Robert et David Côté, comme bon nombre de producteurs agricoles québécois, ne pourraient plus se passer de la main-d’œuvre étrangère. Si ces travailleurs ne sont peut-être pas les plus rapides, ils sont les plus constants. « C’est une main-d’œuvre de qualité; on ne retournerait pas en arrière », soutient Monsieur Robert.

 

 

1 réponse à “Embauche de main-d’œuvre étrangère : des défis qui valent le coup”

  1. raobelina jacques
    19 juillet 2013 à 12:24

    bjr,
    originaire de Madagascar,je voudrai bien me postuler au sein de votre entreprise en étant main d’œuvre étrangère
    merci

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