Claude Gauthier, ou comment dynamiser sa communauté par un projet éducatif

Quand leadership, vision et passion s’allient pour créer un projet collectif

Claude Gauthier, fondateur du Centre d’interprétation des énergies renouvelables du Québec

Le tout premier Centre d’interprétation des énergies renouvelables (CIER) du Québec a d’abord été imaginé par un comité de parents désireux d’offrir aux écoliers un parc-école décent. Chapeauté par Claude Gauthier, ce groupe a rassemblé la communauté autour d’un projet innovateur, ce qui a valu à son fondateur de recevoir la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale.

Inauguré le 21 mai 2009 en présence de nombreux dignitaires, le CIER est un laboratoire scientifique unique destiné principalement aux jeunes du primaire. Le Centre est notamment équipé d’une serre, d’une turbine éolienne, d’un panneau solaire, de récupérateurs d’eau de pluie, d’une toilette à compost, d’un système géothermique et d’une station météorologique.

Ce projet novateur est aujourd’hui reconnu comme une impressionnante réussite collective.  En 2004, la cour arrière de l’école Saint-Joseph de Richelieu a pourtant la mine basse avec son module de jeu désuet qui baigne dans la boue. Un comité de parents se forme, une pratique habituelle dans les écoles lorsque l’on veut faire émerger des solutions communes. Ses membres ne savent pas qu’ils sont à l’aube d’un grand projet avec la présence en leurs rangs d’un gars comme Claude Gauthier, ingénieur en télécommunication chez Ericsson.

Activer des leviers collectifs : essentiel!

De rencontre en rencontre, de sollicitation en sollicitation, de réunion en réunion, le comité récolte les 80 000 $ nécessaires à l’implantation des nouveaux modules de jeu. Très vite surgit l’idée d’y greffer un lieu pédagogique relié à l’environnement. Pourquoi pas un centre d’interprétation des énergies renouvelables?

Claude Gauthier et sa bande, qui compte de plus en plus de parents, de bénévoles et de partenaires, décident de donner un caractère national à cette initiative d’abord communautaire.

Leader dans l’âme, Claude Gauthier rassemble des joueurs importants du milieu. Avec son équipe, ils font flèche de tout bois et s’assurent l’appui de plusieurs partenaires, dont la Commission scolaire des Hautes-Rivières et la Ville de Richelieu.

La Caisse Desjardins de Richelieu–Saint-Mathias se joint à l’aventure avec une contribution de 25 000 $. Toutefois, la loi sur l’instruction publique oblige à ce que les sous amassés par un tel comité transitent d’abord par la commission scolaire. Pour pouvoir gérer cet argent encore plus aisément, Claude Gauthier crée alors la Fondation Jeunesse Richelieu. Il bénéficie donc des conseils de Luc Lacourse, directeur de la Caisse à cette époque.

Les maires de la MRC de Rouville lui accordent également leur soutien à travers la subvention du Pacte rural. Il faut dire que le projet présenté par le groupe correspond à ce que le Pacte rural souhaite valoriser, soit la participation citoyenne dans les projets qui ont un impact social, économique et environnemental dans leur communauté. Avec cet appui, l’équipe a maintenant le vent dans les voiles.

Et si on allait plus loin encore?

Claude Gauthier et sa bande, qui compte de plus en plus de parents, de bénévoles et de partenaires, décident de donner un caractère national à cette initiative d’abord communautaire. Ils approchent l’astronaute Steven McLean pour un partenariat. Ainsi, comme celui-ci a déjà installé des panneaux solaires dans l’espace, pourquoi ne pas baptiser de son nom ceux qui seront installés au futur Centre d’interprétation des énergies renouvelables? Sans hésitation, l’astronaute accepte.

Enthousiaste, le comité approche d’autres sommités du monde de la science. Jean Lemire, Bernard Voyer, Laure Waridel et même David Suzuki se joignent au projet. La construction du futur Centre d’interprétation des énergies renouvelables (CIER) débute en novembre 2007, fort d’appuis un peu partout au pays.

Oui, le fondateur du CIER peut être fier!

Depuis mai 2009, le Centre accueille de nombreux élèves de l’école St-Joseph, mais aussi d’autres institutions. Le projet continue de recevoir des appuis de toutes sortes et ne cesse de se développer.

Sept mois après l’ouverture du CIER, Bertrand St-Arnaud, le député de Chambly, soulignait le dévouement et la détermination de Claude Gauthier en lui remettant avec fierté la Médaille de l’Assemblée nationale : « J’ai su que c’était un visionnaire la toute première fois que je l’ai rencontré en novembre 2008. Je crois qu’il y a trois mots pour définir Claude : leadership, vision et passion. C’est un homme qui avait des rêves et qui a pris les moyens pour les réaliser. Des gens comme ça, c’est très encourageant pour l’avenir du Québec », a alors déclaré monsieur St-Arnaud.

Quant au médaillé d’honneur, s’il se dit extrêmement flatté de cette reconnaissance, il tient à partager cette médaille avec tous ceux qui ont travaillé au projet, les bénévoles, la communauté de Richelieu… et son épouse : « Vous savez, j’ai davantage agi comme chef d’orchestre dans la réalisation du CIER. Tout le monde a joué sa note. On n’a pas fait ça pour être reconnus, mais bien pour améliorer la qualité de vie et d’enseignement des jeunes. »

Le CIER illustre parfaitement le pouvoir que peut générer une communauté animée par un leader lorsqu’elle décide de se prendre en main pour régler un problème et aller plus loin encore. Défi relevé!

3 réponses à “Claude Gauthier, ou comment dynamiser sa communauté par un projet éducatif”

  1. 13 mars 2011 à 13:08

    Très bel article qui rend hommage à un gars dévoué qui pense à la communauté avant ses intérêts personnels. Je suis l’un de ces bénévoles qui a participé au projet dans les toutes premières phases, et qui joue sa note une fois de temps en temps encore aujourd’hui. Longue vie au CIER!

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