Novafruit récolte le fruit de son innovation

Par Guylaine Lebel

La municipalité de Saint-Paul-d’Abbotsford, située au pied du mont Yamaska, peut compter parmi ses entreprises un véritable fleuron de l’innovation agricole et un leader de l’industrie de la culture de fraise en Amérique du Nord. Novafruit, pépinière destinée à l’industrie de la production de fraises québécoises, a réussi, en seulement quelques années, à révolutionner le domaine. Simon Parent, propriétaire visionnaire, n’est pas étranger à ce succès éclatant.

L’homme de 37 ans, diplômé en horticulture de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA), a rapidement découvert, à sa sortie de l’école, ce qu’il voulait faire : développer des systèmes de culture de fraises en climat nordique. En d’autres termes, trouver des solutions pour que la saison des fraises québécoises ne se limite pas qu’au mois de juin. « Il y a 10 ans, au Québec, on produisait des fraises comme on le faisait au début de la colonie » image-t-il. C’est en misant sur la recherche et le développement que Novafruit peut aujourd’hui permettre aux producteurs de partout au Québec de cultiver des fraises 6 mois par année à l’extérieur et 9 mois par année à l’aide de serres. Aujourd’hui, le Québec représente 52% de la production canadienne de fraises et se situe au 3e rang en Amérique du Nord derrière la Californie et la Floride. On peut dire que le système de culture de Novafruit a complètement révolutionné l’industrie.

Simon Parent parmi les 12 agriculteurs les plus influents au Canada
D’ailleurs, en 2011, la revue canadienne Country Guide, spécialisée en information stratégique et commerciale en agriculture, a nommé Simon Parent parmi les 12 agriculteurs les plus influents au Canada. « C’est un classement de journaliste », explique en riant l’humble homme d’affaires qui ne veut pas se prendre la tête avec un pareil honneur. Il concède toutefois qu’il est vrai que son entreprise peut avoir une grande influence sur l’agriculture fraisière : « Les pépinières sont des locomotives de leur industrie. Nous sommes au début de la chaîne alimentaire. Si nous changeons notre façon de faire, toute l’industrie change ».

Comme nous recherchons constamment des solutions innovantes, nous travaillons déjà sur ce qui sera sur le marché dans 5 ans.

Une entreprise de classe mondiale
En 2013, la revue agricole « Partenaires » de Desjardins a consacré une édition complète à Novafruit sous le thème « Devenir une entreprise de classe mondiale ». Pour Simon Parent, il faut avoir cette vision de manière naturelle. « J’ai toujours été un voyageur. Pour moi, le monde est petit. » Ainsi, toutes les facettes de son entreprise font d’elle une citoyenne du monde. Des 45 employés de Novafruit, 38 proviennent de l’étranger à titre de travailleurs saisonniers. L’internationalisation se fait aussi bien sur la quête d’information (recherche et développement) que sur l’entretien des contacts qui œuvrent dans la même industrie à travers le monde. On cultive des fraises sur tous les continents. « Il est certain qu’un pépiniériste des Pays-Bas peut m’aider à mieux comprendre ma propre industrie », explique-t-il. Pour lui, ces relations sont très importantes. L’innovation est au cœur du modèle d’affaires de Novafruit. Ainsi, toutes les variétés de fraises que l’entreprise propose à sa clientèle se veulent le fruit de la recherche et du développement.

5 ans d’avance sur la concurrence
Aujourd’hui, Simon Parent peut affirmer sans gêne que sa technologie est en avance de 5 ans sur la concurrence. « Quand nous changeons une manière de faire, la concurrence s’ajuste et cela est normal. Toutefois, comme nous recherchons constamment des solutions innovantes, nous travaillons déjà sur ce qui sera sur le marché dans 5 ans ». À titre d’exemple la variété de fraise Cléry, qui est présentement le fleuron de l’entreprise, a été en développement durant 10 ans. La Cléry est aujourd’hui le standard des fraises précoces au Québec.

Il y a 5 ans…
sparent_mentor
Novafruit a été fondée en 2002. En 2009, Simon Parent a procédé à un investissement majeur afin de permettre à son entreprise de pouvoir continuer à se démarquer sur l’échiquier mondial de l’industrie de la production de fraises. Il a alors reçu l’aide du CLD au Cœur de la Montérégie dont l’expertise a grandement contribué à l’obtention d’un montant provenant d’un fonds local d’investissement. En tant que développeur, Simon Parent a également profité du service de mentorat du CLD. « J’ai alors rencontré Jean-Paul Barré, ancien PDG des Industries Lassonde de Rougemont. Avec sa vaste expérience, il m’a aidé à relativiser plusieurs choses. Cinq ans plus tard, nous nous voyons toujours », explique-t-il. Pour lui, cette relation est très importante et vraie : « En affaires, il est difficile de se faire conseiller par des gens qui n’ont pas d’intérêts. Un mentor est quelqu’un qui pense à tes intérêts, pas aux siens ».

Depuis 5 ans…
Cet investissement total d’un million de dollars a permis à Novafruit de parcourir beaucoup de chemin. En 5 ans, l’entreprise est passée de locataire à propriétaire de ses terres, bâtiments et machinerie. « Nous avons triplé notre chiffre d’affaires et nous sommes passés de 15 à 45 employés. Nous avons actuellement une croissance de 25 % par année », explique fièrement Simon Parent.

Dans 5 ans…
Quand on lui demande où il voit Novafruit dans 5 ans, on comprend que sa vision du développement est très claire. « Nous voulons créer du savoir et de la richesse. Nous voulons avoir des employés de plus en plus spécialisés et proposer toujours plus d’expertise. Nous voulons mettre en place un laboratoire de culture in vitro afin de créer de nouveaux produits », s’enflamme-t-il. Et comme la fraise n’est pas le seul fruit sur terre, tout est possible : « Nous voulons amener notre contribution aux industries de production des autres petits fruits. La framboise, le bleuet, la groseille, la mûre… »

Une chose est certaine, avec une vision aussi claire de ce que sera l’avenir, il est permis de penser que Novafruit continuera longtemps à innover et à se démarquer. Avec Simon Parent aux commandes, on peut s’attendre à ce qu’elle récolte le fruit de ses efforts.

 

Laisser un commentaire

Archives