École Saint-Michel à Rougemont : Vert… une école sans papier ni crayon!

Non, il n’y a pas de faute d’orthographe.  Important de le préciser, surtout lorsque cela concerne une école.  En fait, c’est le nom du nouveau projet de la petite école primaire de Rougemont.  Le mot « vert » prend le sens « d’environnement », car le projet vise une diminution progressive de l’usage du papier, mais il prend aussi le sens de « maturité », car cette école de 186 élèves est mûre pour l’introduction des nouvelles technologies de l’information et des communications (TIC) et ce, autant chez le personnel enseignant que pour les élèves.

On perçoit trop souvent les ordinateurs comme ayant uniquement une fonction pour s’amuser et passer le temps.

Préparer la génération à venir
L’école permet de former des citoyens responsables, autonomes et fonctionnels avec une notion d’ouverture vers la communauté comme vers le monde.  Elle leur permet de se conscientiser à vivre dans un environnement sain, à se préparer pour l’avenir et à faire face aux défis du marché du travail.  Dans quelle mesure les TIC auront-elles un impact important pour se préparer à affronter les aléas de la vie ?

Il est clair que nous vivons dans un monde où il y a une utilisation accrue des technologies dans notre quotidien.  Ruth Phaneuf, directrice de l’école Saint-Michel de Rougemont, pointe une récente étude qui démontre que près de 80% des personnes de 18 à 44 ans utilisent du matériel numérique.  « Cette tranche d’âge correspond à l’âge des parents des élèves de notre école », souligne-t-elle. Si l’on décode, la majorité des élèves gravite déjà dans un environnement numérique. Alors, pourquoi ne pas utiliser les TIC comme outil de travail? Mme Phaneuf tient à préciser qu’on « perçoit trop souvent les ordinateurs comme ayant uniquement une fonction pour s’amuser et passer le temps.  À l’école, on les utilise pour le travail avec de bons logiciels éducatifs et également avec les logiciels de la suite Office ».

Ainsi, en fonction de leur niveau scolaire, tous les élèves de l’école ont accès à un ordinateur de bureau, un ordinateur portable et même depuis novembre 2013, à une tablette numérique.  Concrètement, on développe leurs compétences liées à l’utilisation des technologies de communication puis ont les intègre à travers des projets d’apprentissage.  Les élèves de premier cycle apprennent à se familiariser avec le traitement de texte, l’envoi de courriel et l’utilisation des moteurs de recherches pour enfants.  Ceux du 2e cycle apprendront à utiliser PowerPoint pour faire leurs exposés oraux et ceux du 3e cycle utilisent les tablettes numériques pour effectuer leurs recherches scolaires, mais aussi pour avoir accès à une banque d’ouvrage littéraire très diversifiée et renouvelée.

Quelques exemples d’application
Un récent projet d’introduction de compostage dans l’école a été mené à bien par des élèves de 5e et de 6e année.  Avec l’aide de la Fondation pour la Reconstruction harmonieuse de l’agriculture (RHA), les élèves ont pu concevoir un composteur extérieur, lieu où seront détournés les déchets de table qui autrement auraient pris le chemin de la poubelle.  L’objectif : diminuer de 25 tonnes le volume de déchets destinés au dépotoir.  De plus, les jeunes promoteurs de ce projet ont eu à effectuer un travail de recherche, rédiger un texte et créer une présentation orale à l’aide des compétences qu’ils ont acquises lors des ateliers informatiques!

Autre vertu à l’intégration des TIC à l’école, selon la directrice de l’école « il y a un impact sur la motivation des jeunes à écrire lorsqu’ils utilisent les TIC ».  L’écriture est une façon parmi tant d’autres de communiquer, de s’exprimer et d’interagir avec les autres : « Il y a différentes motivations à écrire.  Nous écrivons toujours à quelqu’un pour différentes raisons », ajoute-t-elle.  Pour se faire, l’école a choisi de conjuguer l’apprentissage de l’écriture avec les TIC par l’entremise du journal informatique de la Commission scolaire des Hautes-Rivières « L’Écho des jeunes ».  Ce journal permet aux élèves de rédiger des textes sur différents sujets et la plateforme du journal permet aux parents et aux enseignants de réagir et d’interagir à ces derniers.

Les sceptiques seront confondus
Rassurez-vous, l’école sans papier ni crayon est une figure de style.  Apprendre en utilisant les TIC ne remplacera jamais l’enseignement de l’écriture manuscrite. Mme Phaneuf tient mordicus à ce que les TIC soient perçues comme « un complément que nous offrons à la formation de base.  Elles sont un outil de plus dans le coffre à outils».  Bref, il faut voir le projet comme une contribution supplémentaire au programme du ministère de l’Éducation, surtout en ce qui a trait au développement des compétences de leadership, de qualités entrepreneuriales et de pro activité.

Avant de se lancer dans un projet de la sorte, il est impératif de s’assurer que les outils informatiques auront un impact significatif dans l’enseignement aux élèves.  Grâce à la collaboration du Ministère de l’Éducation et de l’Université du Québec à Montréal, le projet a acquis une solide base pédagogique et a pris le chemin de l’innovation en matière de développement des compétences.

Il faut savoir aussi que l’acquisition de matériel informatique et des licences n’est pas donnée et qui dit petite école, dit petit budget.  Grâce en partie à la Fondation éducative Haute comme trois pommes de l’école Saint-Michel ainsi que d’un généreux donateur privé, l’école a pu recueillir les fonds nécessaires à l’achat de tous les équipements pour entamer le projet.

Outre l’argent, il faut aussi et surtout compter sur le support du personnel enseignant et sur la participation des parents pour que l’on puisse qualifier le projet de succès.  Bien qu’à court terme nous puissions constater des progrès au niveau de la lecture, de l’écriture et de la motivation, ce sera dans les années à venir où nous pourrons constater avec beaucoup de fierté toutes les qualités de cette génération de jeunes issues de l’ère numérique!

 

Laisser un commentaire

Archives