Dépannage alimentaire version rurale

Les services d’aide communautaire tels que les Centres d’Action bénévole (CAB) œuvrent partout au Québec. Si les milieux urbains sont souvent le centre de l’attention médiatique, la réalité rurale existe en ce domaine. La nécessité alimentaire est un dur constat avec lequel les deux centres d’action bénévole de Marieville et Saint-Césaire doivent composer quotidiennement. Voici comment ils contribuent au dépannage alimentaire.

Nicole Vincelette, directrice générale CAB Saint-Césaire

«Sécurité alimentaire» rectifie d’entrée de jeu Nicole Vincelette, directrice générale du Centre d’Action Bénévole de Saint-Césaire. «Nous constatons que de dépanner des personnes ou des familles 3 à 4 fois par année ne permet pas à ces gens d’être en forme à tous les matins pour se sortir de leur situation», ajoute-t-elle. C’est la raison pour laquelle le service de dépannage alimentaire est bien rodé et structuré au CAB de Saint-Césaire. Ainsi, un couple, une famille ou une personne seule, doit d’abord rencontrer un membre du personnel du centre afin que les besoins spécifiques de l’aide soient établis. À titre d’exemple, une famille avec un poupon recevra, entre autres, des couches alors qu’une autre famille qui a des enfants d’âge scolaire se verra remettre, entre autres, des jus en format individuel. «Nous constatons que d’offrir une aide plus régulière nous permet d’être plus souvent en contact avec eux et de les aiguiller vers d’autres ressources qui peuvent les aider à se sortir des situations souvent précaires dans lesquelles ils sont enlisés», ajoute Madame Vincelette.

Une réalité régionale

La réalité régionale est au centre des données avec lesquelles l’équipe du CAB Saint-Césaire doit œuvrer. Il n’est pas en milieu rural de voir des familles très nombreuses. Certaines familles ont 7 enfants. Le secteur n’offre également pas de transport en commun, ce qui ajoute à la précarité de certaines familles : «Quand tu te dois d’avoir une voiture pour pouvoir travailler, cela ajoute un niveau de difficulté avec lequel les milieux urbains n’ont pas à composer», indique-t-elle. Elle ajoute également que beaucoup de personnes qui profitent de l’aide de l’organisme communautaire en matière alimentaire ne sont pas prestataires de la sécurité du revenu. «Si dans un couple un des deux conjoints tombe malade et que l’autre perd son travail, ils arrivent rapidement au bout de leurs ressources» exprime-t-elle.

Comment s’approvisionner ?

Mais d’où proviennent les denrées offertes à ces gens dans le besoin ? L’Organisme est affilié et accrédité par Moisson Granby qui est affiliée à Moisson Montréal qui s’appuie sur un réseau de près de 150 fournisseurs agroalimentaires afin de récupérer des denrées périssables et non périssables. Les denrées amassées proviennent principalement des surplus alimentaires de fournisseurs, de grossistes, de manufacturiers et de producteurs agricoles. Les dons offerts par la population proviennent majoritairement de la grande collecte de la Guignolée qui a lieu annuellement avant la période des Fêtes et des dons réguliers et sporadiques des particuliers.

Marieville aide aussi

Annie Jacques, directrice générale CAB Marieville

De son côté, le Centre d’Action Bénévole La Seigneurie de Monnoir de Marieville, qui célébrait en 2009 son 40e anniversaire, propose également un service de dépannage alimentaire sous forme de panier. La personne dans le besoin est rencontrée par un représentant de l’organisme pour évaluer et déterminer ses besoins alimentaires. La directrice générale Annie Jacques tient à souligner : «Personne ne part d’ici les mains vides. Lorsque quelqu’un est dans le besoin, nous l’aidons sur-le-champ. Toutefois, après, nous tentons de cibler ses besoins à plus long terme». C’est ainsi que les personnes dans le besoin sont aidées afin de retrouver leur autonomie, leur dignité et leur pouvoir face à la vie.

Est-ce qu’un tel service peut créer une dépendance au dépannage alimentaire ? Madame Jacques affirme que non. «En compilant nos statistiques, nous pouvons affirmer que 70% des personnes qui nous demandent un dépannage alimentaire ne le font qu’une seule fois dans l’année. Un peu moins nous demandent de l’aide deux fois». En poste depuis 11 ans, Annie Jacques a eu la chance de voir de belles histoires où les gens s’en sortent et reprennent le contrôle sur leur vie. «Après avoir reçu notre aide, une personne nous a même offert un don», se souvient-elle avec joie.

La popote roulante est un service payant. C’est un autre genre d’aide alimentaire». – Annie Jacques, directrice générale

La popote roulante : une autre façon d’aider

Un autre service alimentaire très intéressant est offert depuis de nombreuses années au CAB de la Seigneurie de Monnoir : la popote roulante. Madame Jacques tient à bien différencier ce service de celui du dépannage alimentaire : «La popote roulante est un service payant. C’est un autre genre d’aide alimentaire». C’est le CLSC ou l’hôpital qui réfère les gens qui peuvent profiter du service de livraison à domicile de repas chauds. Sur notre territoire, des résidents de Rougemont, Sainte-Angèle-de-Monnoir, Marieville, Richelieu et Saint-Mathias-sur-Richelieu profitent de ce service qui prépare plus de 5000 repas chauds par an. Ces repas, qui sont majoritairement commandés par des gens âgés ou en convalescence, sont vendus au prix de 4$ pour un plat principal et de 6$ pour une soupe, un plat et un dessert. «Ce service peut également être temporaire. Des situations de maladie ou de récent veuvage, où le conjoint survivant ne sait pas se faire à manger, permettent aux gens de bien s’alimenter avant d’être aiguillés vers des services complémentaires comme les cuisines collectives», ajoute-t-elle.

Les repas concoctés par les bénévoles de la popote roulante sont toujours faits le jour même. Les cuisinières arrivent dès 6 h 30 pour tout préparer et les livreurs, également bénévoles, apportent les plats aux gens durant l’avant-midi.

Ce qui ressort des témoignages des deux directrices de ces Centres d’Action Bénévole, c’est qu’il n’y a pas de profil démographique précis en matière d’urgence alimentaire. Pour différentes raisons, lors de différentes circonstances, bien des gens peuvent se retrouver en situation de précarité alimentaire. Un accompagnement professionnel et sans jugement est souvent la voie vers un avenir plein d’espoir.

 

2 réponses à “Dépannage alimentaire version rurale”

  1. Jessica
    1 août 2016 à 22:16

    Jai moi meme besoin daide en ce moment… mais je ne sais ou en trouver ayant 1 enfant un copain et 1 enfant ainsi que moi et un bébé en chemin ayant un salaire de 1100$/mois un loyer de 725$ 120$ delectricité,100$bell nous avons pas gros afin de manger

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