Des étudiants à la fibre entrepreneuriale remarquable

Par Julie Chaumont

Des élèves de l’école Jeanne-Mance, à Sainte-Angèle-de-Monnoir, ont créé des jeux pour les enfants en Afrique; une initiative qui leur a permis de gagner au niveau de la commission scolaire ainsi qu’au volet régional du Concours québécois en entrepreneuriat.

Les qualités entrepreneuriales des étudiants
L’école primaire Jeanne-Mance fait partie du Réseau québécois des écoles entrepreneuriales et environnementales (RQÉEE) fondé en 1999 et ayant pour objectif de développer une culture entrepreneuriale consciente chez les jeunes du préscolaire au collégial. Ainsi, chaque année, les élèves intéressés peuvent s’impliquer dans divers projets visant la résolution de problèmes de la vie courante.

En début d’année scolaire, avec le thème « Entreprendre pour réussir et s’épanouir », les enseignants de l’école Jeanne-Mance s’étaient déguisés en superhéros et présentaient aux élèves un exploit qu’ils avaient réussi à accomplir. Geneviève Beaulieu profite de l’occasion pour parler de son stage effectué au Burkina Faso l’année dernière. En voyant les images des jeunes Africains, des élèves de première et deuxième année ont été surpris de constater à quel point ces derniers n’avaient pas beaucoup de matériel et de jouets. Une causerie s’est organisée autour de cet enjeu et des pistes de solution ont été abordées afin de trouver des moyens pour venir en aide aux étudiants Africains.

C’est leur passage dans la classe de Sophie Hovington, créatrice des « Multibrios », des jeux visant à développer les intelligences multiples des jeunes, que les étudiants ont eu l’idée de fabriquer des jeux intelligents. « Les jeunes ont demandé l’aide des grands pour travailler sur des jeux en mathématiques et en français », explique Sophie Hovington. Ainsi, les élèves de quatrième et cinquième année ont formé des équipes avec ceux de première et de deuxième année. « En tout, 85 jeunes ont été impliqués dans le projet. Ils ont fabriqué 36 jeux différents, 18 en mathématiques et 18 en français, avec diverses thématiques (les insectes, le zoo, les châteaux, etc.) », explique l’enseignante. À raison d’une période par cycle de six jours, les différentes équipes d’élèves se rencontraient pour fabriquer les jeux, sous la supervision de cinq professeurs : Émilie Mailloux, Samuel Poulin-Cailloux, Jessika Lagacé, Marie-Josée Fabi et Sophie Hovington. Ce sont les jeunes qui ont tout fait : ils ont trouvé leurs images sur Internet, les ont coloriées, les ont scannées et ont écrit les règles du jeu. Avec l’aide d’une maman éditrice, tout a été revu et corrigé avant la mise en fichier PDF. Les jeux ont ensuite été imprimés et plastifiés.

 

De l’Afrique à Haïti
Au départ, le projet des élèves de l’école Jeanne-Mance, baptisé « Jeux intelligents qui traverseront l’océan », devait partir vers l’Afrique à l’automne avec un représentant du RQÉEE. Mais comme le hasard fait bien les choses, lors du 15e gala local du Concours québécois en entrepreneuriat organisé par le CLD au Cœur de la Montérégie au cours duquel le projet a été présenté et récompensé, Sophie Hovington était assise à côté de la directrice générale du Carrefour Jeunesse-Emploi. Cette dernière expliquait à l’enseignante qu’un groupe de jeunes adultes partait bientôt au Bénin, en Afrique, pour construire des bancs et des tables de travail pour une école. Les deux femmes ont alors décidé d’organiser une rencontre entre les deux groupes de jeunes afin de leur permettre de découvrir leur projet respectif. « Les jeunes du Carrefour Jeunesse-Emploi sont repartis avec nos jeux dans leurs valises pour les remettre aux Africains, au mois de mai dernier », explique Madame Hovington.

Les élèves de l’école Jeanne-Mance ont été touchés de recevoir une photo des enfants d’Afrique pour les remercier. Parmi les participants au projet, un élève dit : « je suis content de faire des jeux pour les enfants d’Afrique. Ils n’ont pas beaucoup de choses dans leur école et je suis content de leur donner des choses. Je suis content de travailler avec mon équipe et je travaille fort sans déranger. Notre projet est important parce qu’on aide des gens pauvres à apprendre. Ils vont devenir intelligents avec nos jeux. »

Bientôt, Rino Lévesque, le représentant du RQÉEE, ira distribuer les jeux intelligents de l’école Jeanne-Mance dans d’autres écoles africaines. De plus, un contact de Sophie Hovington promet d’apporter un CD sur lequel se trouvent les différents jeux pour les présenter en Haïti. Une initiative qui fait son chemin!

 

Des projets remarqués
L’école Jeanne-Mance fait partie du Réseau québécois des écoles entrepreneuriales et environnementales depuis 2007. Elle a développé, à ce jour, plus de quarante projets humanitaires et environnementaux. Parmi ceux-ci, un salon du tourisme pour recueillir des dons suite au séisme en Haïti et un programme facteur tendresse pour distribuer des cartes de bons mots aux gens seuls.

L’année dernière, l’école Jeanne-Mance a gagné le prix Marie-Victorin, décerné à l’école du réseau qui a su démontré le plus de dynamisme et d’initiative dans ses démarches et ses stratégies pédagogiques visant le développement conscient des valeurs et attitudes entrepreneuriales, dans un contexte de développement durable. Une bourse de 1 000 $ lui a donc été remise. Gageons que les projets uniques et inspirants des élèves de cette école de Sainte-Angèle-de-Monnoir n’ont pas fini de faire jaser!

 

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