Ferme apicole Guillaume Turmine – Histoire d’un homme qui a eu la piqûre pour les abeilles

Par Martine Grenier

S’il existe un métier qui pique notre curiosité, c’est bien celui de l’apiculteur. Le métier d’éleveur d’abeilles en est un peu connu et peu exploité au Québec. Parmi les quelques centaines d’apiculteurs de la province,  la Ferme apicole Guillaume Turmine se démarque par son ampleur et surtout par le fait qu’elle est la seule ferme apicole de la MRC de Rouville.

Mais ce métier n’est pas donné à tous. Guillaume Turmine, apiculteur depuis 25 ans, explique les particularités de son travail saisonnier. Le propriétaire de la Ferme apicole Turmine, située à Saint-Mathias-sur-Richelieu, a d’abord appris les rudiments de l’apiculture grâce à deux apiculteurs d’expérience, Georges Normandeau et Marcel Prud’Homme, qui lui ont transmis leur passion et leur savoir-faire. « J’ai appris dans les champs et je suis allé chercher ma théorie dans les livres », précise cet homme fasciné par les abeilles qui lit constamment sur le sujet.

 

Un miel de qualité offert en vrac

La Ferme Turmine se démarque en offrant surtout son miel en vrac. Les clients sont ainsi invités à venir puiser les quantités de miel désirées à même leurs pots et contenants. « C’est bien moins cher et bien meilleur directement du producteur », précise l’apiculteur soucieux d’offrir un produit de qualité.

Outre le miel en vrac, Guillaume Turmine vend également de la cire, du vinaigre et du pollen. Reconnu pour ses bienfaits sur une personne en état dépressif, le pollen agit comme un tonifiant et un stimulant très protéiné.

Sa clientèle provient principalement des villes environnantes et aussi de Montréal. Mais il n’est pas rare que M. Turmine reçoive des clients qui viennent d’aussi loin que du Lac-Saint-Jean, de la Gaspésie, de l’Ontario, des États-Unis et même d’Europe. Pour lui, le bouche-à-oreille est la formule idéale pour faire connaître ses produits.

Même s’il a commencé en apiculture vers 1985, ce n’est que dix ans plus tard qu’il a pu en vivre. Aujourd’hui, avec quelque 140 ruches actives, la Ferme Turmine produit de 20 000 à 30 000 livres de miel par année. C’est beaucoup de travail pour un seul homme, qui effectue une récolte en été et une seconde à l’automne.

 

Préoccupation environnementale

Guillaume Turmine adore son métier et a un souci constant de rassembler tous les éléments essentiels pour faciliter le travail des abeilles. Néanmoins, l’appauvrissement de la flore et l’utilisation de pesticides dans les champs environnants le préoccupent beaucoup. Même si la Montérégie abonde de terres riches, quelque 80 % de la superficie de la flore sont maintenant transformés en champs de maïs et de soya. « Avant, on pouvait mettre une trentaine de ruches par site, aujourd’hui, on en met que de quatre à huit », explique-t-il. Il est important de savoir que les abeilles travaillent dans un secteur de 2 à 3 km de circonférence et que la qualité de leur production dépend totalement de la qualité de la flore de ce territoire.

 

Moi, j’aime mon métier, j’adore ça. Je suis bien ici, c’est le paradis.

 

Semer du mélilot pour favoriser l’apiculture

Interpellé comme plusieurs autres apiculteurs, Guillaume Turmine constate au fil des ans que la monoculture et les pesticides menacent les abeilles. Pour aider celles-ci à retrouver une flore diversifiée et en santé, il a pensé semer du mélilot. Cette fleur bisannuelle permet de couvrir tous les deux ans les deux principaux mois de récolte, soit juin et juillet. Les abeilles adorent le mélilot qui est en fait un mot de racine grecque qui veut dire « lotus à miel ».

D’autres plantes pourraient aussi être cultivées pour favoriser l’apiculture. « Cultiver juste pour l’apiculture, c’est encore perçu comme assez bizarre », mentionne l’apiculteur. L’apiculture a toujours été un métier de transhumance : qui demande de se déplacer au gré des floraisons. Néanmoins, il lui importe de soutenir l’abeille durant toute la saison et tient à lui donner de la nourriture variée pour qu’elle demeure en santé. « Quand on tombe en monoculture, on risque de carencer notre ruche », explique l’homme qui connaît très bien son milieu.

Cet homme passionné par les abeilles aimerait faire plus et mieux, et reste convaincu qu’il faut poser des gestes pour protéger les pollinisateurs du point de vue environnemental. Il semble y avoir de beaux exemples du côté de la France et de l’Angleterre avec, entre autres, des subventions gouvernementales pour encourager les agriculteurs afin qu’ils cultivent des champs de fleurs. « Ma zone apicole, ça fait deux ans que j’essaie de la créer. Je m’étais donné cinq ans. Mes 200 arpents vont être pour les abeilles », précise l’homme qui aimerait obtenir la collaboration de chercheurs et de biologistes pour se pencher sur les façons de favoriser l’environnement des apiculteurs.

« Moi, j’aime mon métier, j’adore ça. Je suis bien ici, c’est le paradis », conclut M. Turmine. Les apiculteurs ont besoin de tous les producteurs des alentours pour faire leur travail. À l’exemple de l’abeille qui ne vit qu’en fonction des besoins de sa colonie, M. Turmine demeure convaincu qu’on aurait avantage à s’unir pour travailler tous ensemble.

 

Ferme Turmine
(450)447-8964
280 Chemin riviere des hurons Est, St-Mathias-sur-Richelieu
miel.turmine@sympatico.ca

 

Laisser un commentaire

Archives