Les Jardins de la Terre : le défi de l’économie sociale

Les Jardins de la Terre est un organisme à but non lucratif et une entreprise d’insertion et d’économie sociale qui œuvre dans le secteur horticole. Voilà maintenant près de 10 ans qu’Éric Lafontaine, fondateur de l’entreprise, et son équipe réussissent dans un domaine où les défis sont constamment présents. Une belle réussite pour un projet hors du commun.

Par Guylaine Lebel

Le premier défi d’Éric Lafontaine, conseiller en orientation, a été de lancer son entreprise en 2003. L’entreprise d’économie sociale a pour finalité de servir ses membres ou la collectivité plutôt que de simplement engendrer des profits et viser le rendement financier. Au départ, il a dû expliquer son projet à de nombreux intervenants avant d’obtenir du financement. L’entrepreneur avait une vision : travailler à l’insertion et à l’accompagnement des jeunes sans emploi et aider la communauté en même temps. Le projet de formation et d’initiation au travail horticole et agricole reflétait sa volonté d’aider. C’est ainsi qu’à force de cogner à de nombreuses portes, il a été en mesure, en 2005, d’ouvrir son premier potager au vieux couvent de Saint-Césaire. Cette réalisation a permis à un jeune de la région d’apprendre les principes de la culture biologique.

Depuis 2006, Les Jardins de la Terre accueille à Saint-Paul-d’Abbotsford de nombreux jeunes sans-emploi qui font face à des difficultés d’employabilité afin qu’ils profitent du projet de plateau de travail en horticulture biologique. Désormais, chaque année, l’entreprise accueille deux cohortes de 10 jeunes âgés de 16 à 30 ans qui n’ont pas d’emploi, de spécialité ou même de diplôme d’études secondaires au sein d’un programme exploratoire d’une durée de 22 à 26 semaines. Cette année, ce nombre devrait doubler. Avec la participation d’Emploi Québec, les jeunes connaissent de plus en plus l’organisme. Durant leur séjour à l’emploi des Jardins de la terre, les participants reçoivent une rémunération, une formation théorique et une expérience enrichissante dans le domaine horticole, mais aussi dans différents sous-secteurs de l’agriculture. Sur place, les jeunes profitent d’un encadrement professionnel. Non seulement ont-ils la chance d’œuvrer à l’intérieur d’une serre horticole, d’un grand potager et d’un jardin écotouristique, mais les participants profitent d’une expérience orientée sur le développement personnel, professionnel et acquièrent des compétences techniques.

Un de nos participants loue sa propre terre agricole. Un autre est devenu jardinier en chef au sein d’une entreprise horticole. Certains d’entre eux se découvrent une véritable passion lors de leur passage chez nous. C’est très stimulant.

Le défi des jeunes

Dans ce domaine, les défis ne manquent pas. Non seulement Éric Lafontaine doit-il s’assurer de la pérennité de son projet, mais il compose avec des jeunes qui doivent, eux aussi, quotidiennement relever des défis. Il n’est pas toujours facile, pour un jeune qui vit des difficultés d’insertion, de passer à travers ce programme. « Certains réalisent que l’agriculture n’est pas toujours bucolique. Il faut travailler fort dans ce domaine » indique-t-il. De plus, l’enseignement théorique, environ 100 heures durant toute la durée du programme, peut demander de grands efforts pour certains d’entre eux qui ont quitté l’école en raison de difficultés d’apprentissage.

Toutefois, il semble que le plan fonctionne, le plateau de travail en horticulture biologique voit, chaque année, entre 70 % et 75 % de ses participants compléter le stage. Quant à ceux qui quittent, M. Lafontaine considère qu’ils ont tout de même réussi quelque chose, ne serait-ce que l’atteinte d’une meilleure connaissance de soi.

Quant au taux de placement, les chiffres sont tout aussi encourageants. Là aussi, les 3/4 d’entre eux se trouvent du travail dans le domaine à la fin de leur expérience. Il y a même de véritables histoires à succès qui émanent des Jardins de la Terre : « Un de nos participants loue sa propre terre agricole. Un autre est devenu jardinier en chef au sein d’une entreprise horticole. Certains d’entre eux se découvrent une véritable passion lors de leur passage chez nous. C’est très stimulant » indique M. Lafontaine.

« Vert » l’avenir
Aujourd’hui, Les Jardins de la Terre compte 16 employés dans ses deux points de services situés à Saint-Paul-d’Abbotsford et Dunham. De plus en plus de jeunes profitent de l’expertise en réinsertion socioprofessionnelle qu’offrent Éric Lafontaine et son équipe. À moyen terme, le défi sera de permettre à l’entreprise de continuer de croître et d’augmenter son autofinancement. « On cherche maintenant de nouvelles manières de nous autofinancer. Si nous voulons grandir, nous ne pouvons compter uniquement sur les subventions et nos revenus actuels. Nous nous devons d’être imaginatifs et de rentabiliser Les Jardins de la Terre », explique-t-il. Afin d’y arriver, les idées ne manquent pas. Cette année, Les Jardins de la Terre propose un projet de transformation de la pomme. Un atelier a été aménagé afin de produire du jus et du cidre. En plus de la serre horticole, du potager bio, du jardin ornemental, un service d’aménagement paysager fait partie de l’offre de l’entreprise.

Nourrir les familles
S’inspirant du fonctionnement de l’écomarché, Les Jardins de la Terre sont présentement en recrutement afin de livrer, au printemps, de magnifiques paniers de légumes bio et frais aux familles qui désirent manger sainement. Les personnes intéressées à contribuer à ce projet d’économie sociale, tout en profitant des saveurs locales de la terre, peuvent le faire en communiquant avec l’organisme.

Éric Lafontaine et les jeunes préparent, entre-temps, la prochaine saison qui arrive à grands pas. L’ouverture des serres est prévue à la fin du mois de mars. Acheter aux Jardins de la Terre c’est s’offrir une alimentation de qualité tout en contribuant à l’avancement social de sa propre communauté. Voilà un défi à la portée de tous.

 

1 réponse à “Les Jardins de la Terre : le défi de l’économie sociale”

  1. diane huot
    12 mars 2013 à 23:03

    Je connais votre organisme pour avoir visiter le jardin en 2010.
    Quelle est votre offre de service pour l’aménagement paysager. J’ai une façade de maison de 20 pieds par 30 avec un bel arbre au centre. Nous n’avons jamais trop mis d’énergie et d’argent Mais nous réalisons qu’il faut embellir enfin ce petit bout de terrain. le côté est à l’est. Nous avons une bande de hostas que nous voulons conserver. j’attends de vos nouvelles pour connaître votre disponibilité et le coût. lieu Chambly merci

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