Les Cidriculteurs en Suisse et en France : mission réussie !

Par Catherine St-Georges, coordonnatrice – Cidre du Québec

Du 12 au 21 novembre 2012, un groupe de 11 producteurs de cidre accompagnés de 3 représentants de l’Association des Cidriculteurs artisans du Québec, de l’Union des producteurs agricoles et de la SAQ visitaient la région du Valais en Suisse ainsi que la Champagne et Paris en France afin d’en apprendre davantage sur l’organisation collective des producteurs de ces régions, sur l’encadrement et les règles reliés à une appellation d’origine, sur la mise en marché des boissons alcooliques, sur la culture de la vigne et des fruits et, évidemment, sur la vinification.

Au menu de la mission : des échanges fructueux avec des professionnels du secteur, la découverte de la dégustation polysensorielle, des visites avec des chefs de cave, des distillateurs et quelques commerces de détail.  Des cidriculteurs de partout au Québec participaient à cette mission dont 3 de de Rougemont : M. Francis Dubé de la Cidrerie du Village, M. Jean-Pierre Potelle du Domaine Cartier Potelle et M. Michel Robert du Vignoble Coteau-Rougemont.

La Suisse, un marché de petite taille, connait actuellement de grands bouleversements avec l’ouverture des marchés suivant les règles du commerce mondial. En réponse à ces changements, les producteurs et les intervenants doivent faire preuve de créativité et ils tendent à se regrouper afin de favoriser le développement des entreprises du territoire : coopérative de production et de mise en marché, achats et ventes regroupés, développement de marque collective et régionale.

L’Association Marque Valais a présenté son projet de reconnaissance de la provenance et de la qualité des produits emblématiques de la région valaisanne.  Une marque collective et multisectorielle pour promouvoir la région auprès des consommateurs. Cette démarche se décline en un cahier de charges, une charte d’engagement et une vaste campagne promotionnelle qui vise à promouvoir cette identité auprès des consommateurs et de la population.  En 2012, ce sont 29 produits qui étaient certifiés. Un réel travail de concertation régional qui porte ses fruits.  Une source d’inspiration : www.valais-community.ch

En Champagne, l’appellation d’origine contrôlée (AOC) confère une plus-value intéressante qui bénéficie à chaque maillon de la filière, tant au vigneron producteur qu’à la maison de vin. Une telle démarche comporte, bien entendu, sont lot d’exigences : contrôle du rendement annuel, registres de pressage, parcelles circonscrites, techniques rigoureuses de culture de la vigne, etc.  Mais un produit affichant cette AOC possède une notoriété reconnue mondialement puisqu’une solide équipe de vérification est active dans les plus grands marchés internationaux afin de s’assurer qu’aucune usurpation de la dénomination Champagne ne puisse être observée.   Et même dans un tel encadrement, l’innovation est possible : l’arrivée du Champagne rosé il y a quelques années en est la preuve et ce nouveau produit représente aujourd’hui 10 % des ventes de Champagne !

Remise de cidres du Québec aux hôtes de la maison de Champagne Forget-Brimont

Au terme du voyage, une soirée dégustation a été organisée dans un bar à vins de Paris.  Une trentaine de chroniqueurs et journalistes de renom ont été invités à entendre l’accent québécois et découvrir les cidres du Québec et son produit phare, le cidre de glace.  Les produits québécois ont étonné : le cidre effervescent, le cidre tranquille et le cidre de glace ont suscité plusieurs commentaires et sourires satisfaisants.

Ce voyage aura su provoquer maints échanges sur l’avenir de l’industrie du cidre au Québec.  Les participants ont également développé des liens intéressants entre eux en échangeant sur les réalités de chacune de leurs entreprises.   La mission aura permis de prendre conscience des défis liés au développement d’une appellation réservée, type d’appellation que convoitent les cidriculteurs depuis plusieurs années soit celle du  Cidre de glace du Québec, qui prendrait la forme d’une  indication géographique protégée ou IGP. Plusieurs cidriculteurs ont également pu en apprendre davantage sur la méthode champenoise applicable pour certains cidres effervescents, un produit à haute valeur ajoutée.

Comme l’a noté M. Jean-Pierre Potelle, cidriculteur, lors de la rencontre post mortem : « Les producteurs du Québec devraient capitaliser sur leur créativité et sur les éléments distinctifs du Québec: la grande variété de pommes disponibles  et le froid de nos hivers. L’oenotourisme se développe de plus en plus, nous devons tous en profiter pour faire la promotion de nos produits à des gens qui ne demandent qu’à découvrir notre savoir-faire».

Une mission réussie pour les producteurs d’ici !


Ce projet a été rendu possible grâce à la collaboration:

 

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