Les éco-quartiers, pour une qualité de vie durable

Par définition, un éco-quartier est un milieu de vie, circonscrit dans un territoire donné, qui respecte et applique les principes du développement durable.  En théorie, il s’agit d’un projet d’aménagement urbain qui est pensé et évalué de manière à maximiser les bienfaits économiques et sociaux, tout en minimisant les impacts environnementaux dans l’aménagement d’un quartier. En pratique, il intègre toute une collectivité dans son processus.

Que comporte un éco-quartier ?

Dans le but de réduire l’impact du bâtiment sur l’environnement, un éco-quartier tente d’accorder une importance à différents enjeux environnementaux tels que la réduction des consommations énergétiques, une meilleure gestion des déplacements (en encourageant les déplacements piétonniers et cyclables), une réduction de la consommation d’eau, la favorisation de la biodiversité, etc.

La dimension sociale d’un éco-quartier vise quant à elle à impliquer les citoyens du quartier au cœur du processus.  Ce sont les citoyens, en concertation, qui participent à la conception du quartier ou au démarrage du projet de réhabilitation.  Le concept d’un éco-quartier s’intéresse particulièrement au maillage socio-économique, culturel et intergénérationnel, bref, à une qualité de vie riche en loisirs et accessible pour tous.  Cette concertation citoyenne permet également une meilleure intégration des nouveaux arrivants dans le quartier et dans la municipalité.

Finalement, du point de vue économique, les services et les commerces d’un éco-quartier sont multifonctionnels et visent avant tout un lien de proximité avec les gens du quartier.  Un éco-quartier peu aussi adopter un style de vie qui pourrait voir naître des commerces ou des services spécialisés.

À quoi ressemble un éco-quartier en milieu rural ?

Il est vrai que l’éco-quartier fait davantage allusion à une ville car c’est là que l’on observe le plus de références sur le concept. À Montréal, par exemple, on retrouve 28 éco-quartiers.  Le programme d’éco-quartier de la ville de Montréal vise une prise en charge du citoyen aux campagnes de recyclage, de propreté, d’embellissement et de verdissement des quartiers.

Il ne faut toutefois pas s’arrêter qu’aux grandes agglomérations urbaines pour appliquer ce concept qui gagne en popularité.  Les villes et les villages ruraux peuvent constituer des endroits encore plus propices au développement des éco-quartiers, surtout si on considère leur potentiel pour revitaliser un village ou pour planifier le développement résidentiel dans les 2e et 3e couronnes de banlieue telle que la MRC de Rouville.

Selon un récent sondage, plus de la moitié des québécois sont prêts à payer plus cher pour posséder une maison écologique.

En excluant les éco-villages qui ciblent les mêmes objectifs que les éco-quartiers mais en y adhérant les principes de l’autosuffisance et de l’autonomie (alimentaire et énergétique), il n’existe que très peu d’exemple d’éco-quartiers dans le Québec rural.  Le plus connu se situe à Saint-Mathieu-du-Parc, en Mauricie, où le changement de vocation de l’école primaire combiné au développement du 1er éco-quartier au Québec rural a permis à la petite municipalité  d’accueillir de nombreuses familles.

Et si on s’inspirait outre-mer ?

De l’autre côté de l’Atlantique, à  Douzy, une commune d’environ 1650 habitants située  dans les Ardennes en France, est l’une des trois communautés rurales de France qui s’est lancée dans un projet alliant l’environnement, la ruralité et l’urbanisme.  La naissance d’un éco-quartier est avant tout une question de vision à long terme.  D’après le maire de la commune de Douzy, M. Jean-Luc Warsmann, « (…) nos concitoyens, dans les années à venir, chercheront à habiter dans des quartiers avec des normes environnementales poussées. C’est important pour la commune, mais aussi pour l’attractivité du département».  Inspirez-vous des propos tenus par le maire Jean-Luc Warsmann qui explique en détail le projet d’éco-quartier rural tenu dans sa patrie française.

Peut-on réaliser un éco-quartier à partir d’un quartier existant ?

On peut utiliser le concept d’éco-quartier comme outil pour revitaliser des quartiers existants, à condition qu’il y ait une densité de population suffisante.  Ainsi, autant la grande ville que la rue principale d’un village peuvent appliquer le concept.  Chacun y va à son image, en fonction des besoins qu’il a identifiés.

Par exemple, la ville de Paris et la Ville de Montréal ont une approche différente du concept.  En France, les éco-quartiers sont davantage axés sur l’économie d’énergie et un environnement sain lié à la construction des bâtiments à haut rendement énergétique, comparativement à Montréal où l’engagement citoyen occupe une place prépondérante dans le processus d’amélioration de qualité de vie du quartier.

Des outils à votre portée…

Bien qu’il existe plusieurs exemples qui prônent les bienfaits qu’un éco-quartier peut apporter aux citoyens comme à l’ensemble d’une municipalité,  sa réalisation doit faire partie d’une planification à long terme et son développement doit se dérouler en concertation avec une multitude d’acteurs.

Plusieurs outils sur la toile sont accessibles pour ceux et celles qui désirent en apprendre plus sur les éco-quartiers.  Pour les décideurs, le Ministère des Affaires Municipales, des Régions et de l’Occupation du Territoire (MAMROT) rend disponible quelques documentations qui aide à planifier l’aménagement d’un éco-quartier.

Force est de constater que la population est de plus en plus concernée et sensibilisée à l’impact des éco-quartiers sur l’environnement.  Selon un récent sondage, plus de la moitié des québécois sont prêts à payer plus cher pour posséder une maison écologique.  Pourquoi ne pas regrouper ces maisons écolos dans un quartier bien planifié, y ajouter des espaces verts et des commerces de proximité pour ainsi créer un milieu de vie attrayant et vivant où le sentiment d’appartenance des citoyens aura un rôle prépondérant sur le maintien de leur qualité de vie ?  Certes, le territoire bâti du Québec continu de croître tout comme les préoccupations environnementales. Le temps est sûrement adéquat pour faire un choix sensé en matière d’occupation du territoire.

Rédigé par Pierre-Olivier Labart, conseiller en développement rural

Laisser un commentaire

Archives