Concept Can-Bec : quand qualité rime avec prospérité

Par Martine Grenier

Concevoir et fabriquer des meubles pour des particuliers est un défi en soi. Le faire à plus grande échelle pour des entreprises et institutions publiques demande encore plus d’audace et de détermination. Concept Can-Bec, une entreprise de Saint-Paul-d’Abbotsford spécialisée en ébénisterie architecturale, conçoit des ameublements et articles de décoration d’immeubles préalablement dessinés par un architecte, tels que comptoirs de réception d’hôtel ou d’entreprise, cache-colonnes, plafonniers, manteaux de foyers, vanités de salles de bain, casiers d’école, meubles pour salles d’attente, cafétérias, etc.

L’entreprise qui a d’abord été fondée en 1994 pour la conception d’armoires de cuisine pour particuliers sert aujourd’hui les marchés commerciaux, institutionnels et industriels. Son fondateur, Jacques Viens, voyait dans ces marchés un potentiel florissant et se plaisait à l’idée de relever un défi encore plus stimulant. « Étant donné qu’on doit suivre des plans et devis d’architecture, on ne peut pas produire des concepts dans les standards comme pour les armoires de cuisine qui ont toujours été fabriquées de la même façon. On est vraiment assujetti aux demandes de l’architecte », précise le président-fondateur de l’entreprise.

Ayant comme principale clientèle plusieurs hôpitaux de Montréal et de la Montérégie, Concept Can-Bec a aussi servi plusieurs universités, le Casino de Montréal, l’Aéroport de Dorval, le Zoo de Granby, des hôtels, des condos de luxe, des centres sportifs, des résidences pour personnes âgées et planche maintenant sur le projet du Planétarium.

 

Une vision, trois entreprises

Mais aux côtés de Concept Can-Bec, Jacques Viens gère deux autres entreprises, soit Laminage Can-Bec, qui fait du collage de panneaux stratifiés sur divers matériaux, et Présentoirs Can-Bec, qui conçoit divers présentoirs pour le marché des pneus et des couvre-planchers. Outre Michelin et Yokohama, Présentoirs Can-Bec fournit également des distributeurs de céramique qui ont des magasins au Canada et aux É.-U. « J’arrive justement d’un salon spécialisé en couvre-planchers qui a eu lieu à Orlando en avril. Il y a un gros potentiel à développer là pour les présentoirs », précise l’homme d’affaires qui a le souci de développer son marché prudemment. Il sent que la demande est intéressante, mais il veut être en mesure d’y répondre. Selon lui, il importe d’avoir une qualité de main-d’œuvre et une disponibilité de celle-ci au départ. Leur créneau est tellement spécialisé que les ressources se font rares.

Pour contrer cette pénurie, il lui arrive d’engager des décrocheurs et de les former à l’interne. Cette initiative lui demande beaucoup d’énergie, car il faut travailler sur la motivation de ces gens. « Pour la confection de meubles, ça prend une habileté manuelle. Tu peux ne pas avoir de diplôme, mais avoir une grande habileté manuelle. Moi, j’encourage ça beaucoup », précise l’homme d’affaires qui fait aussi des conférences dans les écoles secondaires de la région pour aider les jeunes à se projeter dans l’avenir.

On crée des cellules de travail, on limite les pertes de temps, on fournit les outils à proximité des lieux de travail, on choisit de faire du main-à-main plutôt que de prendre un chariot. C’est une façon de penser efficacement.

Concept Can-Bec a développé sa clientèle en se faisant connaître auprès des divers entrepreneurs avec qui les architectes travaillent. L’entreprise est aussi reconnue pour ses équipes efficaces sur les chantiers. « Concept Can-Bec, c’est une entreprise stimulante, mais aussi complexe, car il faut constamment faire des estimations, suivre des plans architecturaux diversifiés, installer et gérer les équipes de chantiers, s’assurer que les employés ont leurs cartes de compétence, signer des dénonciations de contrats, etc. Il faut être bien structuré et savoir tout contrôler », précise l’homme qui gère près de 40 employés. Mais surtout, c’est une entreprise sérieuse et en règle qui est capable de financer elle-même le fonds de roulement de chantiers d’envergure.

 

Concept PVA et méthodes Kanban : des méthodes de gestion efficaces

Entre autres secrets d’efficacité, le gestionnaire n’hésite pas à parler du concept de production à valeur ajoutée (PVA) mis de l’avant au sein de l’entreprise depuis quelques années. D’abord élaborée par Toyota, la PVA permet de réfléchir aux façons de faire en usine pour minimiser tous les coûts non facturables. « Quand on met une job en production, on s’arrange pour que tout le monde soit disponible pour que la pièce parte du dévidage, au machinage, à l’assemblage dans les meilleurs temps. Avant, pour fabriquer 50 présentoirs, ça prenait 40 heures temps-homme. Avec la PVA ça prend 15,5 heures. C’est juste une façon de penser », rajoute M. Viens.

Concept Can-Bec a aussi été l’une des premières PME à implanter la méthode Kanban; un système de gestion de l’inventaire à la demande qui semble très efficace. Là encore, il importe de tout penser pour ne pas faire le travail en double. « On crée des cellules de travail, on limite les pertes de temps, on fournit les outils à proximité des lieux de travail, on choisit de faire du main-à-main plutôt que de prendre un chariot. C’est une façon de penser efficacement », explique l’homme d’affaires.

 

Une clientèle renommée

Ce qui semble être intéressant, c’est la variété des projets créés. Que ce soit le projet Résidences Masterpiece (un centre d’hébergement haut de gamme pour personnes âgées), la table de conférence pour une caisse populaire à Granby ou le plaisir de servir Artopex, un manufacturier de meubles de bureau 100 % québécois avec Laminage Can-Bec, le président est très fiers de ses employés.

Entouré d’une équipe de direction sérieuse et dynamique, Jacques Viens n’hésite pas à leur demander conseil. « Ce sont des gens efficaces et efficients. Les gens de l’équipe participent beaucoup à l’évolution de l’entreprise. Je considère beaucoup l’opinion des gens qui m’entourent. » Gestionnaire avisé, il s’assure de revoir sa planification stratégique aux deux à trois ans. Ayant fait l’acquisition d’équipements neufs ces dernières années, il espère rentabiliser rapidement ces investissements et compte bien développer le marché des tables de restaurant dans le laminage.

Dès ses débuts, le gestionnaire a vu grand et a su positionner son entreprise. Tel un chef d’orchestre, il a pu assurer le développement de chacune de ses équipes et répondre adéquatement aux besoins des marchés visés.

Laisser un commentaire

Archives

Partenaires