L’entreprise familiale La cidrerie McKeown et Domaine Leduc-Piedimonte appartenant au couple Robert McKeown et Andrée St-Denis, a été fondée en 2004. Si les deux entrepreneurs avaient comme projet de lancer un vignoble au cœur de la plaine montérégienne de Rougemont, c’est plutôt vers le domaine de la cidrerie qu’ils se sont tournés. Aujourd’hui bien implantés avec leur marque de consommation courante McKeown et leur gamme de luxe Leduc-Piedimonte, ces amoureux de la pomme voient loin. Ils constatent toutefois que de développer le cidre au Québec et ailleurs sur la planète se veut un véritable travail d’ambassadeur.
Depuis quelques années, le cidre de glace québécois connait un véritable essor dans le monde de la sommellerie. Les tablettes de la Société des Alcools du Québec (SAQ) et des marchés fins proposent une vaste gamme de cidres de glace qui sont de plus en plus appréciés par les consommateurs. Pour Robert McKeown, cet envol est intéressant, mais pas encore satisfaisant : « Je dirais qu’en ce moment au Québec, environ 20 % de la population a déjà goûté un cidre de glace et que, peut-être, 50 % des gens en ont entendu parler. C’est très bien, mais il reste beaucoup de travail à faire. Si nous voulons nous développer sur les marchés internationaux, il faut s’implanter correctement ici avant. Ainsi, notre travail à l’exportation se développe mieux quand notre marché local va bon train ».
Le cidre de glace, un produit de luxe et de gastronomie
L’idée, pour Robert et Andrée, c’est de s’assurer que le message est clair auprès des consommateurs : « Il faut bien comprendre où se situe la niche marketing du produit Leduc-Piedimonte. Le cidre de glace est un produit raffiné, de luxe, qui a toute sa place dans la gastronomie » explique celui qui s’applique à faire passer son message ici comme dans les huit pays où ses produits sont exportés. « Il est clair que sur le marché international, nos produits sont en concurrence avec des vins de glace et des vins liquoreux. La pomme ne possède pas la même noblesse que le raisin dans le monde de la gastronomie et de la sommellerie. Il faut constamment faire de l’éducation sur nos produits, nos méthodes et notre raffinement » explique l’entrepreneur qui ajoute que l’exportation, qui représente environ 15 % de son chiffre d’affaires, est un travail de longue haleine. « Il faut être patient, être bien compris par les importateurs de ces pays ».
Et le prix?
Quant au prix qui, au Québec, est proposé à 26,50$ la bouteille de 375 ml, et plus cher ailleurs dans le monde, Robert McKeown explique : « La première chose à comprendre est que ce produit coûte cher à produire. Nous avons besoin de quatre à cinq fois plus de pommes pour arriver à la même quantité de liquide que pour fabriquer un cidre mousseux de consommation courante ». Mais les Européens ne reculent-ils pas devant le prix, eux qui paient leur vin beaucoup moins cher? Encore une fois, Robert McKeown explique : « On croit à tort que le vin de luxe coûte moins cher en France. Pourtant, c’est à la SAQ que les consommateurs peuvent se procurer des produits luxueux au meilleur prix dans le monde. Le pouvoir d’achat de la société d’État permet de garder les prix “relativement” raisonnables. C’est sur les produits d’entrée de gamme que les Européens sont gagnants par rapport à nous. Ils ne sont donc pas renversés par le prix quand ils comparent à d’autres produits luxueux ».
Ce qui donnera certainement un coup de main à l’exportation du cidre de glace québécois, c’est le jour où le précieux nectar obtiendra son appellation, un peu comme le vin. « Les producteurs de cidre sont présentement en démarche afin que le cidre de glace québécois obtienne son appellation d’origine qui garantit l’origine et la qualité du produit. Comme pour le Champagne, un vin mousseux ne peut porter le nom Champagne s’il n’a pas été produit dans cette région de la France », affirme Robert McKeown. Soulignons que seul l’hiver québécois permet à la pomme de geler de façon naturelle et de pouvoir donner naissance au cidre de glace.
Le cidre McKeown se développe au Québec
Bien que Robert McKeown et Andrée St-Denis déploient beaucoup d’efforts sur les marchés internationaux, ils ne négligent pas leur gamme de produits de consommation courante. Ils distribuent dans les restaurants, bars, marchés et supermarchés du Québec un cidre sec léger pétillant sous l’étiquette McKeown. Les amateurs de cidre pétillants peuvent apprécier le savoir-faire de la cidrerie en se procurant des paquets de six bouteilles en commerce ou en profitant du cidre en fût dans les restaurants et bars de la province. « Grâce à la réglementation québécoise et à notre savoir-faire, les consommateurs profitent d’un cidre de grande qualité à prix abordable. Nous sommes présents dans plus d’une centaine d’épiceries à travers le Québec et les ventes progressent ». Le développement de ce produit pour l’entreprise est très important.
Le Mondial des cidres de glace
Croyant fermement en son produit, tout comme ses collègues producteurs, Robert McKeown fait partie des trois hommes d’affaires de Rougemont ayant lancé le désormais célèbre Mondial des cidres de glace qui se déroule chaque année à Rougemont lors du week-end de la St-Valentin. « Pour nous, c’est une véritable célébration du cidre. C’est une fête qui permet aux clients et aux producteurs d’être en contact de façon directe. C’est stimulant pour notre industrie » lance-t-il. Pour la cinquième édition de l’événement, plus d’une trentaine d’exposants seront sur place afin de faire connaitre leurs produits aux quelque 15 000 visiteurs attendus. L’événement aura lieu les 10, 11 et 12 février 2012 sous le chapiteau situé au 735, rue Principale à Rougemont. Ce sera l’occasion de découvrir les produits de la cidrerie Leduc-Piedimonte et McKeown tout comme les nombreux autres cidres qui font de plus en plus la fierté de bien des Québécois.





