Rédigé par Guylaine Lebel
L’entreprise Semences Prograin de Saint-Césaire est un véritable chef de file dans le domaine de la production de soya au Québec. Elle produit, annuellement 50 000 tonnes de soya à valeur ajoutée destinées à l’alimentation humaine. De ce nombre, plus de 80 % de la production est vouée à l’exportation. Mais comment arriver à tirer son épingle du jeu quand notre marché n’est rien de moins que le monde entier? Comment se développer, se faire connaitre, se démarquer et prospérer? Alain Létourneau, directeur général de la firme qui emploie aujourd’hui plus de 50 personnes, sait exactement ce qu’il fait. Son équipe et lui prennent des décisions et font des analyses qui permettent à Semences Prograin de se positionner parmi les leaders de ce monde.
Une vision
Ce que l’on remarque, dès le début de la conversation que l’on tient avec Alain Létourneau, c’est que l’homme connait très bien son industrie et le marché dans lequel elle évolue. Il est vrai qu’il a joint les rangs de l’entreprise familiale en 1984, quatre ans après sa fondation. Alors diplômé en administration marketing, le jeune loup de l’époque et ses associés ont de la vision. Semences Prograin devient la première société québécoise à produire du soya. Aujourd’hui, non seulement Semences Prograin fait-elle office de leader dans l’industrie, mais la culture du soya est maintenant la deuxième production en importance au Québec après le maïs. Aujourd’hui copropriétaires, les cousins André et Alain Létourneau constatent le chemin parcouru. « Notre production est passée de 2 500 tonnes à 50 000 tonnes annuellement. 600 acres de culture de soya sont maintenant disponibles pour notre entreprise », explique Alain Létrouneau.
Vers l’exportation
C’est en visant l’excellence jour après jour que la corporation césairoise est approchée, en 1997, par un courtier en grain qui propose de la mettre en relation avec un client japonais. Près de 15 ans plus tard, les exportations de Semences Prograin représentent 80% du chiffre d’affaires de la compagnie. « Nous sommes très fiers de dire que nous travaillons toujours avec ce client », affirme Alain Létourneau qui peut également se vanter d’exporter aussi bien en Amérique, en Asie, en Europe qu’en Europe de l’est. Mais quelle est la clé du succès? Comment se démarquer sur la scène internationale et comprendre les besoins alimentaires de tous ces peuples? « La fidélité ! » répond spontanément le directeur général avant d’ajouter que la relation de confiance est au centre du commerce international. « Nous maintenons des liens très serrés avec nos clients. Nous nous assurons de conserver une excellente réputation et nous investissons du temps dans nos relations humaines avec eux » ajoute celui qui affirme du même souffle que dans une relation d’affaires, seulement 25 % des rencontres parlent directement de commerce. « Le reste du temps, nous apprenons à nous connaître et à nous comprendre. Ensuite, les bases d’une confiance mutuelle sont établies ». Il est d’ailleurs fascinant d’entendre Alain Létourneau comparer les différences culturelles qui existent entre les peuples sur le plan des affaires. « Les Américains attendent un prix, un volume. Les Français exigent de l’information technique. Les peuples de l’Europe de l’Est veulent des contacts et les Japonais désirent du long terme. Il faut savoir s’ajuster à notre clientèle » relate-t-il.
Développement
Mais au-delà de la relation humaine, Semences Prograin doit s’assurer de maintenir ses standards de qualité afin d’offrir ce qui se fait de mieux en matière de soya destiné à l’alimentation humaine. Devant cette évidence, l’entreprise ne recule devant rien. En août dernier, elle inaugurait, à Saint-Césaire, son nouveau centre de recherche sur le soya. Ce laboratoire se veut un formidable outil de développement. Il se spécialise dans le génotypage, une technique qui permet à l’entreprise d’identifier les meilleurs gènes des plants et d’effectuer des croisements afin d’offrir un produit encore mieux adapté à l’alimentation humaine. Mais attention, le laboratoire ne produit pas d’OGM (organismes génétiquement modifiés). « Nous ne modifions aucun gène. Nous les identifions et les croisons afin de produire une variété de plants qui offre la meilleure des qualités alimentaires », explique fièrement Alain Létourneau. Le directeur de la recherche, Éric Gagnon, estime que ce nouveau virage en recherche et développement permettra d’augmenter la cadence de développement des variétés, de disposer de cultivars encore plus résistants et ainsi, de proposer un produit de qualité supérieure. De nouveaux marchés pourront ainsi être développés.
Nous avons réalisé que nous nourrissons annuellement plus de 7 millions d’êtres humains sur la planète. Ce chiffre est impressionnant, mais quand on connait le nombre d’habitants qu’il y a sur terre, nos possibilités sont très vastes.
Ainsi, l’entreprise développe présentement la clientèle de l’Europe de l’Est et nourrit l’ambition de faire son entrée en Russie, un vaste marché qui pourrait permettre à l’entreprise de se développer encore davantage sur le plan international. Mais avec l’actuel phénomène mondial des économies émergentes, Semences Prograin y voit-elle l’avènement de compétiteurs potentiels ou des possibilités de marchés disponibles? L’ambitieux et déterminé Alain Létourneau y voit, sans l’ombre d’un doute, des possibilités de marchés infinies. « Nous avons réalisé que nous nourrissons, annuellement plus de 7 millions d’êtres humains sur la planète. Ce chiffre est impressionnant, mais quand on connait le nombre d’habitants qu’il y a sur terre, nos possibilités sont très vastes ».
Tout semble présentement sourire à Semences Prograin qui, fidèle à ses convictions, ses croyances et ses principes, se développe allègrement partout sur la planète. Voilà un exemple de vision qui peut rendre fière la communauté rouvilloise !




Bravo les gars.
Un beau reportage.
Clément Lessard
Granby