Des femmes déterminées à des postes-clés

Il semble qu’il n’y a pas si longtemps, les postes de direction étaient l’apanage des hommes. On imaginait mal une femme donner des directives à une main-d’œuvre masculine, transiger des millions au sein d’une organisation et gérer le déroulement de réalisations d’envergure. Pourtant, les femmes méritent souvent ces places où elles peuvent mettre en pratique des qualités qui les distinguent généralement : empathie, facilité d’adaptation, ouverture d’esprit, patience et flexibilité.

Dans le monde public, ces traits de caractère sont essentiels. Annie Jacques, directrice générale du Centre d’action bénévole de Marieville, Chantal Majeau, directrice de l’école Micheline-Brodeur de Saint-Paul-d’Abbotsford, de même que Catherine Chartrand, directrice générale/secrétaire-trésorière et greffière de Saint-Mathias-sur-Richelieu, les possèdent toutes et les utilisent à bon escient. Chacune a développé des projets dans sa municipalité respective, tout en ralliant les forces en place. Elles ont prouvé que le sexe d’une personne n’a aucune incidence sur la capacité d’occuper un travail de gestion et d’y exceller.

 

 

Dénominateur commun

Les trois femmes s’entendent à dire qu’elles étaient déterminées dans leur choix de carrière, qu’elles désiraient relever des défis à la mesure de leur potentiel. «J’ai travaillé longtemps dans un centre culturel à Lasalle. J’étais arrivée au maximum des promotions possibles à cet endroit. Je me sentais prête pour un poste de direction, et le milieu communautaire m’attirait», se souvient Annie Jacques.

De son côté, Catherine Chartrand convient que les défis sont une motivation profonde, mais le travail d’équipe et l’élargissement de sa palette d’activités pèsent aussi dans la balance. Chantal Majeau tient sensiblement le même discours. Par contre, elle admet qu’elle a besoin de changement. «Je ne suis pas une personne très routinière. Au sein d’un poste de direction d’école, chaque journée est différente», constate-t-elle.

Elles ont également appris les rudiments de leur emploi en travaillant dans des postes subalternes ou en remplaçant des absents, ce qui est particulièrement le cas de mesdames Chartrand et Majeau. «Après avoir travaillé au service du greffe et du contentieux de Saint-Jean-sur-Richelieu, je suis arrivée à Saint-Mathias-sur-Richelieu à titre d’adjointe au directeur général/secrétaire-trésorier. J’ai appris au fur et à mesure, en vivant des expériences», explique Mme Chartrand.

Les trois directrices partagent aussi cette qualité de maîtriser leur agenda et les priorités. Il n’en demeure pas moins qu’elles ne comptent pas les heures investies dans leur champ d’action. «Le plus gros défi personnel, c’est d’atteindre l’équilibre dans tout et que ça fonctionne : trouver du temps pour être à la maison avec la famille, les enfants et le conjoint, et aussi pour être au bureau parce que c’est exigeant. Il faut tenir un agenda serré, mais ça se fait», maintient cette dernière.

 

Lorsqu’elles regardent leur parcours dans le rétroviseur, les trois femmes reconnaissent qu’elles ont fait du chemin et qu’elles ont accompli du travail et des projets dont elles sont fières.

Des milieux différents, mais ouverts

Certains milieux de travail demeurent des créneaux où les femmes semblent détenir traditionnellement une place prépondérante. Les groupements jouant un rôle au sein des affaires sociales et de l’éducation en sont des exemples. Annie Jacques est bien placée pour en parler.

«Dans les organismes communautaires, il n’y a pas de difficultés. Je dirais que sur 50 organismes, il y en a 46 qui sont dirigés par des femmes. L’entente est bonne avec les hommes parce que nous sommes sur un pied d’égalité. Les préjugés viennent plutôt du fait que notre organisme est surtout axé sur le bénévolat», remarque Mme Jacques. Elle ajoute que les gens ont parfois une mauvaise perception des bénévoles, les identifiant à des personnes qui ne peuvent travailler et qui cherchent à passer le temps. Pourtant, ce sont des gens de valeur où toutes les couches de la société sont représentées.

En ce qui touche le milieu scolaire, les modèles de direction ont beaucoup changé. L’image de la mère supérieure d’une congrégation ou de la vieille fille à la tête d’une école est révolue. La profession se rajeunit et il est maintenant plus important de démontrer sa capacité à gérer. Mais, qu’en est-il pour une femme lorsqu’il est question de violence physique ou verbale dont on entend parfois parler dans les médias? «L’autorité est une façon d’être et non ce que nous sommes physiquement. C’est plutôt de démontrer quelles sont nos priorités et nos valeurs. De là, l’autorité se crée naturellement», croit Chantal Majeau.

Si le monde municipal demeure le plus souvent la porte d’entrée du pouvoir décisionnel en ce qui concerne les femmes, il n’en demeure pas moins que l’entourage joue d’influence sur la perception de leur place et de leur rôle. «J’ai été bien accueillie à Saint-Mathias. Parmi mes prédécesseurs, il y a eu une femme au poste de secrétaire-trésorière pendant plusieurs années, ce qui a peut-être aidé. Mais, je sais qu’il y a des milieux plus difficiles», confie Catherine Chartrand.

 

 

De quoi être fières

Lorsqu’elles regardent leur parcours dans le rétroviseur, les trois femmes reconnaissent qu’elles ont fait du chemin et qu’elles ont accompli du travail et des projets dont elles sont fières.

Pour Annie Jacques, il ne fait aucun doute que l’ouverture de la friperie et l’achat de la bâtisse du Centre d’Action Bénévole figurent au sommet de ses réalisations. Maintenant, elle concentre ses efforts sur le recrutement et le soutien aux bénévoles. Elle ajoute qu’elle doit aussi songer à son remplacement si elle veut prendre sa retraite dans cinq ans, «mais ce ne sera pas simple.»

Dans le milieu municipal, les élections apportent souvent des changements.  Parfois, ils peuvent être radicaux. Catherine Chartrand en sait quelque chose, ayant connu une élection où une seule conseillère avait été réélue. Il y a donc eu toute une adaptation à faire au sein de l’organisation. La dame est particulièrement fière d’avoir participé et aidé à concrétiser en douceur la passation des pouvoirs. «Le changement fait peur aux gens. Je leur ai dit que nous allions apprendre à nous connaître. L’important, c’est que tout le monde rame ensemble. Si tout le monde a le même but, ça va bien aller.»

De son côté, Chantal Majeau carbure à la mise en place de nouveaux projets. Son dernier bébé est celui dont elle est le plus fière et envers lequel elle déploie encore beaucoup d’énergie : l’implantation du programme d’éducation internationale, en collaboration avec la municipalité et la Commission Scolaire des Hautes-Rivières. «L’école Micheline-Brodeur sera la première de la commission scolaire à offrir cet enseignement au niveau primaire, tandis qu’il est généralement offert au niveau secondaire ou dans les écoles primaires privées.»

Ces trois directrices sont donc très représentatives de la gent féminine qui prend sa place dans la société. Elles jouent un rôle important pour la qualité de vie de leurs pairs.  Elles donnent aussi l’exemple aux futures générations de femmes. Et c’est tant mieux!

5 réponses à “Des femmes déterminées à des postes-clés”

  1. Jocelyne G.Deswarte
    12 mai 2011 à 12:55

    Je voudrais féliciter toutes les lauréates, mais particulièrement Madame Catherine Chartrand qui pour moi a été d’un grand soutien moral à toutes les épreuves et à tous les niveaux.
    Nous sommes chanceux d’avoir une collaboratrice de cette envergure à Saint-Mathias-sur-Richelieu qui fait un travail quotidien trés apprécié.

    C’est une grande Dame.

  2. Annie Chartrand
    17 avril 2011 à 19:53

    Félicitations à toutes et particulièrement à une femme que j’admire et qui m’inspire! Tu es un exemple de conciliation travail-famille! Quand je vois tout ce que tu as accompli, je suis fière de ma « petite » soeur! Bravo!

  3. Maureen Jacques
    14 avril 2011 à 22:29

    Félicitations!

    Femmes de tête, femmes de coeur!

    Bravo pour votre travail! Vous m’inspirez et me rendez fière d’être une femme.

    Bravo spécial à Annie qui est aussi une soeur exemplaire!

  4. Louisette Laforest
    12 avril 2011 à 22:37

    Félicitations aux Lauréates.

  5. belanger
    12 avril 2011 à 21:14

    féliciations et bonne continuité dans votre beau parcours, vous êtes un exemple qu’avec de la ténacité et de la persévérance les buts sont atteints, un bravo spécial à ma belle nièce Catherine,

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