Michel Chartrand et Simonne Monet-Chartrand, des citoyens mémorables de Richelieu

Photo: archives La Presse
Michel Chartrand est le 13e enfant d’une famille de 14. En 1941, malgré un séjour au monastère des Cisterciens à la Trappe d’Oka et il s’engage avec conviction dans les mouvements étudiants, catholiques et nationalistes. Il est tout de suite remarqué par sa fougue et son talent oratoire. Militant nationaliste et par la suite socialiste, il se portera candidat en 1945 au Bloc populaire canadien aux élections fédérales dans le comté de Chambly-Rouville. Il y aborde les thèmes de la dépendance économique mais il sera défait.

En 1949, Michel Chartrand découvre le syndicalisme à Asbestos avec les Trudeau, Pelletier et Marchand dans une grèveimpliquant les 5000 travailleurs de l’amiante. Il participe aux grèves à Shawinigan et de Dupuis et Frères à Montréal. Il fonde le Syndicat des employés de la CSN (CTCC). Entre 1952 et 1955, il est arrêté et emprisonné à sept reprises pour s’être trouvé sur des lignes de piquetage. Par la suite, Michel Chartrand devient le chef provincial du Parti social-démocrate (PSD). En 1956, il tente sa chance une nouvelle fois en tant que candidat aux élections provinciales pour le PSD dans la circonscription de Chambly. Il récolte 877 voix contre 20 031 pour le candidat Robert Théberge du Parti libéral du Québec. Membre fondateur du Parti socialiste du Québec (PSQ), il devient le premier président. Après une absence de près de 10 ans, il retourne à ses anciens amours en 1968 en effectuant un retour marqué dans le syndicalisme à la CSN. Il est emprisonné durant quatre mois en 1970 en vertu de la Loi des mesures de guerre sous prétexte qu’il a des liens avec le FLQ. Jusqu’à sa mort en avril 2010, Michel Chartrand a continué de militer pour une plus grande justice sociale.

Militan nationaliste et par la suite socialiste, il se portera candidat en 1945 au Bloc populaire canadien aux élections fédérales dans le comté de Chambly-Rouville. Il y aborde les thèmes de la dépendance économique mais il sera défait.

Il épouse Simonne Monet en 1949. Ces deux êtres d’action, impliqués dans leur collectivité, n’appartenaient pas au même monde social : elle issue d’une famille cossue de Beloeil et lui d’une famille ouvrière. C’est leur engagement qui les a réunis. Ils se sont rencontrés par leur implication sociale dans les JEC (Jeunesse étudiante catholique). « On était deux jeunes, à 22, 24 ans, revendicateurs, on n’acceptait pas cette société-là. On voulait changer le système politique, on voulait changer les gouvernements», écrit Simonne dans son récit autobiographique. De son amour pour Michel, elle écrit en 1941 : « La découverte subite de sentiments profonds éprouvés envers ce remarquable jeune homme fut pour moi bouleversante. J’estimais déjà Michel Chartrand, je crois l’aimer gravement. »

Un an plus tard, le 14 février, jour de la Saint-Valentin, Michel et Simonne se fiancent en secret. Malheureusement, les parents de Simonne n’approuvent pas leur union.  De plus, à cette époque, c’est le curé de la paroisse d’où proviennent les filles qui marie les couples et le curé de St-Germain d’Outremont refuse de célébrer leur mariage. Mais Michel et Simonne sont passionnés l’un de l’autre et désirent être unis. C’est le chanoine Lionel-Groulx, alors professeur d’histoire, qui bénira leur union le 17 février 1942. Enfin réunis, ils défendent le syndicalisme, l’action sociale, la cause des femmes et les droits et libertés de chaque individu. Ils choisissent de vivre à l’ombre de la rivière Richelieu dans une vieille maison de ferme de la ville de Richelieu. Sept enfants vont naître de leur histoire d’amour.

Par Marie-Claude Dauray

Source : Ma vie comme rivière, récit autobiographique de Simonne Monet-Chartrand

Laisser un commentaire

Archives