Mentorat : on reconnaît l’arbre à ses fruits! Simon Parent, Novafruit, et son mentor, Jean-Paul Barré

Quelques jours avant notre entrevue, Simon Parent se remettait d’une « urgence neige ». C’est que pour le président de Novafruit, une entreprise qui se spécialise dans les plants fruitiers, la tempête de neige inopinée d’avril dernier menaçait le fruit d’un travail acharné. Dans ces cas-là, a-t-on envie d’appeler sa mère… ou son mentor?

À l’autre bout du fil, Simon Parent se confie : « Lorsqu’on est en affaires, nos proches sont bien entendu un appui précieux. Toutefois, avec sa grande expérience, mon mentor a un regard unique. C’est quelqu’un qui est complètement neutre, qui a une vision globale et qui est là pour moi, pour discuter de ce qui me touche comme entrepreneur. »

Cette voix à l’écoute, c’est celle de Jean-Paul Barré, ancien président de Lassonde et l’un des premiers mentors de la cellule de mentorat de Marieville. Des protégés, il en a eu plusieurs au fil des ans. Le monde des affaires, il connaît.

Selon lui, les finances et les ressources humaines font partie des principaux défis des entrepreneurs en général : « Beaucoup ne connaissent pas leurs coûts. Je leur donne aussi des trucs pour éviter le mauvais crédit ou profiter, quand un fournisseur le propose, de l’escompte de 2% si on paie dans un délai de 10 jours. » Jean-Paul Barré constate aussi que plusieurs entrepreneurs font tout eux-mêmes et n’osent pas engager : « Pourtant, il est souvent plus avantageux de déléguer sa comptabilité à quelqu’un d’autre, entre autres exemples. »

Simon, c’est le mentoré idéal, lance-t-il tout de go : « Il est intelligent, allumé et il sait où il s’en va. Et il est ouvert à parler des vraies choses. On peut dire qu’il est vraiment lancé maintenant! »

Depuis ses débuts en 2002, Novafruit connaît une croissance d’environ 20% par année. Elle produit 3 millions de fraisiers annuellement, dont 90% sont vendus au Québec, le reste étant en Ontario et en Nouvelle-Angleterre.

Et son président voit large : avec ses nouveaux cultivars et de nouvelles méthodes de culture, on peut désormais concurrencer la Californie, numéro un mondial de la fraise, en offrant des fraises d’ici, six mois par année. Meilleures au goût, meilleures pour l’environnement… et l’économie du Québec! Son travail de consultant auprès des producteurs le place au centre de ce développement. Une signature, «Les Fraîches du Québec», a d’ailleurs été développée pour promouvoir les fraises et les framboises d’ici.

Cette croissance va de pair avec d’importants défis en matière de ressources humaines, qui représentent 60% de ses coûts. La PME comprend entre 10 et 60 employés selon les périodes de l’année. « Jean-Paul m’a aidé à bien négocier ce virage et à prendre du recul sur la situation. Il m’a donné un conseil tout simple : demander à chacun de mes employés ses objectifs pour la prochaine année et les outils dont ils ont besoin pour y arriver. J’ai ainsi pu faire participer les employés à cette réorganisation sans devoir impliquer un consultant extérieur pour le moment. À chaque réunion, Jean-Paul me le répète : “Gérer les ressources humaines, c’est la moitié de ton travail! C’est pourquoi j’ai formalisé la rencontre annuelle avec les employés.” »

Quant aux travailleurs saisonniers, le sentiment d’appartenance est plus difficile à développer, car ceux-ci se promènent de ferme en ferme. On fait aussi appel à des travailleurs provenant du Mexique et du Guatemala. Parce qu’ils sont loin de leur famille pendant quelques mois, Simon Parent s’organise pour leur rendre la vie plus douce dans un environnement agréable. En plus de mettre à leur disposition une maison tout équipée, une cafétéria et une terrasse avec vue sur la montagne, il organise aussi des 5 à 7 et des soupers entre employés. Au moment de notre entretien, on s’apprêtait à construire un terrain de soccer pour ces infatigables qui ont encore assez d’énergie à 20 h le soir! Des tournois sont aussi au programme entre les 330 travailleurs étrangers de Saint-Paul-d’Abbotsford, un gros apport dans notre économie locale!

Lorsque l’on grossit, de nombreux spécialistes veulent nous accompagner vers la prochaine étape. Comment savoir quels services auront le plus d’impact? Quelle est leur valeur ajoutée? À qui faire confiance? Et dans quel ordre faire les choses?  C’est un peu comme quand notre dentiste, le garagiste et le spécialiste en toiture nous disent qu’on doit tout changer… C’est le genre de discussions qui animent Simon Parent et Jean-Paul Barré, en plus des classiques finances : la façon de gérer les revenus, les pertes et les investissements. Un conseil de mentor : « Tenez toujours votre banquier au courant de l’évolution de votre entreprise. Ça évite les surprises! »

Simon Parent, Novafruit, et son mentor, Jean-Paul Barré

Un mentor, c’est aussi un quai pour s’amarrer, affirme Simon Parent : « Jean-Paul m’a rassuré sur la direction que j’ai prise. Il agit aussi comme un miroir et fait ressortir mon intuition. S’il y a quelque chose qui accroche, dont je ne suis pas entièrement sûr, il capte mon non-verbal et m’aide à creuser la situation, à comprendre comment je me sens là-dedans. Il me remet aussi en pleine face mes engagements en me demandant où je suis rendu par rapport à telle ou telle chose. Parfois, je l’entends me parler dans ma tête… C’est vraiment comme un deuxième point de vue… »

Voilà pourquoi il est si important d’être à l’aise et avec son mentor. Et vice-versa. Prenez le temps de le choisir. Faut que ça clique!, résume bien Jean-Paul Barré. Dans son cas, il semble que ses interventions soient bien appréciées, comme en font foi les courriels envoyés à Anick Drouin, responsable du mentorat. « Ses mentorés apprécient le temps qu’il leur consacre, son approche humaine et son écoute. » Le succès de Simon Parent et de Novafruit, c’est aussi un peu celui de Jean-Paul Barré!

1 réponse à “Mentorat : on reconnaît l’arbre à ses fruits! Simon Parent, Novafruit, et son mentor, Jean-Paul Barré”

  1. ANN REMILLARD
    12 juin 2010 à 05:06

    JEAN-PAUL BARRÉ EST UN DIAMANT BRUT, UNE RESSOURCE BOURRÉE D’EXPÉRIENCE ET DE BON SENS, EN PLUS D’ÊTRE « PARLABLE » ET TRÈS HUMAIN.
    NOUS SOMMES CHANCEUX DE L’AVOIR PARMI NOUS DANS LE CLUB DES MENTORS DE LA RÉGION.

    BRAVO POUR L’ARTICLE, J’ESPÈRE QU’ELLE SUSCITERA LA VENUE D’AUTRES JEUNES ENTREPRENEURS…

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