Au Cœur des familles agricoles – Comprendre l’agriculture qui nous entoure!

« Vous savez, nous mangeons trois fois par jour. Les agriculteurs nous nourrissent, leur travail est indispensable. Bien des gens ne réalisent pas cela et jugent très sévèrement les agriculteurs.
Il y a beaucoup d’incompréhension »lance tout de go Maria Labrecque Duchesneau, la directrice générale de l’organisme
Au Cœur des familles agricoles (ACFA).

C’est d’ailleurs pour faire la lumière sur la réalité des agriculteurs et la cohabitation avec les citoyens que Tout le monde en parle accueillait Maria Labrecque Duchesneau sur son plateau le 21 mars dernier. Un passage remarqué qui lui a d’ailleurs valu plusieurs lettres de félicitations sur le site de Radio-Canada.

Ainsi, choisir de vivre près d’une ferme ne se fait pas sans heurts et l’on doit tenir compte des cultures qui nous entourent si l’on décide d’aménager en campagne, affirme-t-elle : « Pour les non-producteurs et les nouveaux campagnards, il y a beaucoup à comprendre de l’agriculture et des producteurs qui les entourent. Par exemple, savoir quand ont lieu les épandages. »

Voilà pourquoi Au Cœur des familles agricoles a mis de l’avant un programme communautaire pour intégrer le milieu agricole au milieu villageois, dont la Fête des rangs. Car c’est toute notre communauté qui y gagne lorsque les agriculteurs sont en santé et que leur production est réalisée dans de bonnes conditions.

« C’est toute notre communauté qui y gagne lorsque les agriculteurs sont en santéet que leur production est réalisée dans
de bonnes conditions. »

Maria Labrecque Duchesneau est branchée à l’artère vitale des agriculteurs. L’agriculture, elle aime cela, et surtout elle aime les agriculteurs. En fait, la dame n’a pas la langue dans sa poche, et c’est parfait ainsi.

Car pour soutenir les familles agricoles québécoises, on doit savoir faire preuve d’audace et de ténacité. Par exemple, la fondation du club Gai en agriculture est une preuve parmi tant d’autres.

Enterrés sous le travail

« Les agriculteurs vivent les mêmes problèmes que les urbains : dépression, burn-out, violence conjugale, problèmes financiers, mais leur ouvrage passe toujours avant tout. Voilà la grosse différence! L’ACFA se déplace directement chez le producteur qui le souhaite et tente de le référer aux bonnes ressources. Parfois, un simple coup de téléphone suffit, parfois il faut plus. »

Depuis 10 ans, partout au Québec, l’ACFA aide les familles agricoles aux prises avec des problèmes psychosociaux. Parce que l’entreprise agricole qu’ils exploitent passe souvent avant leur propre bien-être et gobe tout leur temps, bien des agriculteurs ne se déplacent tout simplement pas quand un problème de santé les accable.

Aussi, l’ACFA doit aussi tenir compte de la météo dans ses interventions et adapter ses pratiques aux différents types de production agricole. Les récriminations dirigées envers les éleveurs porcins ou les pluies diluviennes qui dévastent les maraîchers n’en sont que quelques exemples. « S’il fait beau, je ne me rendrai pas chez un producteur, car je sais qu’il est dans ses champs. Mais cette réalité est dure à conjuguer avec notre système de santé et de services sociaux », ajoute Maria Labrecque Duchesneau. À cet effet, l’ACFA mijote différents outils pratiques, en collaboration avec les Centres de santé et de services sociaux (CSSS), en plus d’offrir des formations.

France Picard, travailleuse de rang

Un projet particulier occupe l’ACFA à Sainte-Angèle-de-Monnoir et à Notre-Dame-de-Stanbridge. Avec la collaboration des CSSS respectifs de ces deux régions, l’ACFA a dépêché une intervenante dans les rangs pour visiter les familles agricoles et faire des évaluations psychosociales si nécessaire, un peu comme le font les travailleurs de rue.

Ce projet est issu d’un des 33 projets de laboratoires ruraux soutenus par le Ministère des Affaires municipales, Régions et Occupation du territoire (MAMROT). Pour en savoir plus, on peut trouver ici la description du projet.
Ce projet-pilote inspire grandement Maria Labrecque Duchesneau. Elle souhaite que cette initiative fasse des petits : « Il devrait y avoir un travailleur de rang dans chaque MRC du Québec pour comprendre les problèmes des agriculteurs et les rapprocher des services et des ressources. »

La Fête des rangs, pour rapprocher les communautés

La Fête des rangs qui se tiendra à Sainte-Angèle-de-Monnoir, le 10 juillet, invite la population angèloirienne à découvrir le monde agricole. Un rallye est aussi prévu au programme de cette journée spéciale. Cette Fête des rangs s’inspire de la Fête des Voisins, chapeautée par le Réseau québécois des villes et villages en santé.

Maria Labrecque Duchesneau vous y convie : « Venez visiter “votre” agriculture et rencontrer “vos” agriculteurs pour mieux les comprendre ». Pour se comprendre, rien de mieux que de se parler, non?

Pour plus d’infos : www.acfareseaux.qc.ca

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